02/02/2012

Conférence sur la crise financière

J’ai eu l’opportunité d’écouter une conférence donné par le professeur d’HEC Philippe Bacchetta lors de la matinale d’HEC Lausanne. Il nous a parlé de la crise financière et des perspectives macro-économiques. J’aimerais revenir ici sur quelques points que ce professeur a soulevés.

Il remonte à la crise financière et bancaire de 2008; les décideurs politiques n’ont pas très bien compris ce qui se passait et notamment les implications et conséquences sur l’économie en général. Ils auraient dû tirer les leçons des différentes crises financières qui ont eu lieu par le passé, ou dans d’autres régions du monde, comme les pays scandinaves ou encore le Japon.

Ce qu’il faut retenir de ces crises financières et de leurs conséquences, notamment celle de 2008: nous constatons tout d’abord une baisse durable de la croissance, environ sur 3 ans, ainsi qu’une diminution des revenus des gouvernements. Nous notons aussi un lent déclin des prix de l’immobilier, notamment que nous voyons aux Etats-Unis, en Espagne et en Angleterre. Ces différents éléments, mais aussi la crise financière elle-même qui a conduit à une recapitalisation des banques par les Etats, vont conduire à une augmentation de la dette publique.Mais ce dernier phénomène, constaté dans les différentes crises financières dans le passé, aurait pu être prévisible.

D’autres constatations peuvent être tirées de cette crise, notamment la fragilité de plus en plus grande du système financier et bancaire, dû notamment à la présence de plus en plus forte d’actifs financiers risqués dans leur bilan, au lieu d’avoir juste des activités de dépôts et de prêts.

Ce que les gouvernements ont fait faux, notamment c’est:

  • ils ont tablé sur une reprise plus rapide
  • ils ont ignoré la source du problème, c’est-à-dire le secteur financier
  • et les implications sur la dette publique semblent avoir été ignorées.

Le professeur Bacchetta relève aussi que les politiques d’austérité aujourd’hui sont contreproductives, et auront un effet de fort ralentissement de la croissance. Il faudrait au contraire investir, notamment par des politiques fiscales moins restrictives une augmentation des dépenses publiques.

Je note que la réduction de la dette est importante, mais vouloir le faire de manière trop forte et rapide, c’est ignorer que celle-ci aura un fort impact sur la croissance, ce qui creusera de manière encore plus forte la dette en fin de compte.

Tout est fait comme si on ignorait l’histoire, pourtant cruelle sur les conséquences des crises financières.

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