26/05/2014

Le deal à Lausanne

Daniel Brélaz aujourd'hui dans le 24H, suite à ses  promesses en 2012 que les dealers auraient disparu des rues lausannoises en 2013: " A l'époque, je n'avais pas perçu qu'une énorme partie du deal de rue se faisait en lien avec les activités nocturnes du Flon".

J'ai testé cette phrase sur mes amis et collègues, et le résultat c'est quand même des bons éclats de rire. Je ne sais pas ce que vous en pensez, moi, en tous cas, cela me met aussi en colère. Le syndic de notre ville, qui ne sait pas que le deal à Lausanne se fait en relation avec ce qui se passe dans les rues le soir, c'est-à-dire des milliers de personnes qui font la fête au Flon (et ailleurs aussi), mes bras m'en tombent, ce qui ne me fait pas rire finalement.

Il y a alors plusieurs solutions:

 Soit il ne connaît pas sa ville, ce qui est grave pour une personne qui occupe depuis longtemps la fonction de syndic ou de municipal. Mais alors là on tombe quand dans le syndrome Brélaz depuis quelques semaines: Il répond perpétuellement qu'il ne savait pas; on l'a vu sur l'affaire de la Télé, en tant que membre du conseil d'administration il découvre les pertes béantes de celle-ci; aussi, en tant que municipal de la culture, il découvre aussi les malhonnêtetés d'un responsable du club Le Romandie, subventionné par la ville, un secret de polichinelle.

 Soit il n'a pas de relais pour comprendre ce qui se passe, soit il n'écoute pas ou s'en désintéresse totalement, trop pris par sa période "people".

Lui qui a toujours voulu passer pour un "je sais tout", il y a de quoi être déçu.

Maintenant revenons aux faits: l'insécurité en ville de Lausanne, due notamment au deal.Oui il y a des améliorations, dans certaines rues, à certaines heures. Mais il n'y a pas besoin de fréquenter les milieux concernés pour se rendre compte que les dealers ont encore quartier libre le soir, par exemple à la rue de Bourg. C'est un désastre, je ne connais pas de grandes villes où l'on rencontre ce type de situations, une scène ouverte, un marché si accessible.

 Il faut aussi remarquer que si certaines rues sont "nettoyées", le deal ne s'arrête pas pour autant, mais il passe par d'autres voies, comme le téléphone et les rendez-vous.

 De plus, on sent une très grande agressivité de la part des dealers, j'ai connu plusieurs amis qui se sont fait agresser, voler, etc.

  Bien sûr, pour nos édiles lausannoises, c'est toujours la faute des autres, celle du Canton, qui n'a pas mis en place un système pénitentiaire suffisamment assez grand pour absorber ces dealers, celle de la Confédération, qui a un code pénal trop laxiste.

 On constate peu de remise en question et peu de solutions.

 Il est très facile de se réfugier derrière l'affirmation "la demande crée l'offre": c'est à cause de ces noctambules que nous avons des dealers, donc c'est finalement juste un aspect négatif  de cette vie nocturne foisonnante à Lausanne. Et bien Messieurs, je continuerai d'affirmer que l'offre crée aussi la demande:  de nombreux jeunes, s'ils n'avaient pas un accès aussi facile à l'achat de drogue, n'en auraient probablement jamais consommé.

 

Il est donc primordial de continuer à se battre pour que réellement nous nous débarrassions de ce deal à Lausanne

23/05/2014

Un Tribunal de la famille et autres idées...

Le Comité du PDC Lausanne a organisé cette semaine une rencontre avec le Mouvement de la condition paternelle (MCP Vaud).  Nous pensions qu'il était important de rencontrer ses membres, pour mieux comprendre leurs attentes vis-à-vis du monde politique. Actuellement le PDC Lausanne est justement dans cette démarche de construction d'un programme en tenant compte des besoins, préoccupations des acteurs, donc un programme qui part de la base, et non l'inverse.

Il est peut-être paradoxal pour certains que le PDC, considéré par beaucoup comme le parti de la famille, se préoccupe du sort de ces pères, qui n'ont plus de droit de garde et de visite de leurs propres enfants, et qui sont dans une grande souffrance.

Justement, je considère que le parti de la famille c'est aussi celui de la famille qui se "décompose": la famille, malgré un divorce, existe toujours, notamment à travers les liens père-enfant (s), et mère-enfant (s). Il s'agit donc aussi de protéger ces rapports et les droits pour l'enfant de voir ses deux parents, de construire une relation équilibrée, malgré un divorce.

J'ai eu la chance personnellement, malgré la séparation de mes parents, de voir mon père tous les dimanche, car ils ont réussi à garder une relation amicale. Mais aujourd'hui en tant que jeune père, je réalise toute l'horreur si on m'empêchait juridiquement de voir mon enfant et de le garder dans une proportion équilibrée.

 Lors de cette rencontre, nous avons entendu des situations dramatiques, des pères d'une tristesse profonde, désabusés par le système, judiciaire notamment. Mais aussi nous avons entendu leurs appels, et leurs propositions.

Le 1er juillet,  la loi changera et instituera une autorité parentale conjointe, celle devient la règle.

Il faut aller encore plus loin:

Pour le Mouvement de la condition paternelle, la clé est l'instauration d'une médiation organisée. Tout réside dans cette médiation obligatoire, imposée aux deux conjoints. Si l'un des deux conjoins la refuse, il en portera les conséquences devant le juge lors de l'attribution du droit de garde de l'enfant.

Je soutiens totalement cette démarche, qui est une des premières pierres, pour instaurer un dialogue constructif, et nécessaire pour les intérêts de l'enfant mais aussi du père et de la mère.

Une très grande majorité des divorces conflictuels sont réglés par la médiation ordonnée, c'est ce que relèvent des études faites dans des pays où elle est obligatoire!

 D'autres idées sont apparues, sur lesquelles nous devons réfléchir:

 

 - L'instauration d'un tribunal de la famille au niveau du canton. Les compétences demandées aux juges dans le cas de divorce et d'attribution des droits de garde et de visite, ne relèvent pas uniquement du droit, mais de la psychologie, de la prise en compte d'autres éléments d'appréciation, et pour ceci nous avons besoin de juges spécialistes de la question, formés dans ce sens.

 

 - J'ai proposé durant cette séance de lancer une initiative fédérale sur le principe d'une garde partagée d'office.

 

Aujourd'hui, les juges attribuent quasiment automatiquement la garde à la mère, sans article de loi qui le recommande. C'est une vision à mon avis dépassée du rôle du père. Aujourd'hui les pères peuvent tout autant que la mère  garder l'enfant, et ceci de manière équilibrée.

La garde doit être un enjeu, et non pas attribuée d'office à la mère.

Si elle est partagée d'office, cela conduira à une discussion et à une coopération obligatoire entre les deux parents.  Le juge tranchera en cas de désaccords, mais il y a l'idée tout au long, qu'il faut prendre en compte les intérêts de deux parents, dès la séparation, mais je dirais aussi durant tout le mariage.

 c'est une idée sur laquelle j'aimerais travailler, développer avec les personnes qui pensent qu'elle est une beau but, à inscrire dans notre loi.