12/09/2014

Les tarifs des APEMS: un matraquage de la classe moyenne

De nombreux lausannois sont venus me parler de la nouvelle grille de tarifs pour l’APEMS, les structures d’accueil pour les enfants en milieu scolaire. Les parents peuvent déposer leur(s) enfant(s) le matin dans ces solutions de garde, qui les amèneront à l’école, puis les reprendront entre midi et 14h, avec un repas, et les garderont après l’école jusqu’au retour des parents de leur travail. Ces parents qui sont venus vers moi pour que je relaie leur énervement, et que je propose des solutions, sont scandalisés par les nouveaux tarifs en vigueur pour cette rentrée 2014-2015. 
 
Différents éléments me poussent à m’opposer à ce traitement tant au niveau de la forme que du fond.
 
Au niveau du processus, les parents ont reçu une lettre en avril 2014 les informant qu’il y aura une adaptation des tarifs pour la rentrée, notamment pour les revenus supérieurs à CHF 11’000 (pour l’ensemble du ménage). Oscar Tosato, le Municipal qui signe cette lettre, informe: « Ces adaptations visent à une plus grande équité de traitement des ménages pour l’ensemble des prestations fournies par le Réseau-L. Nous sommes conscients que ces mesures modifieront significativement le taux d’effort financier demandé pour certaines familles » (retenons les termes: "une plus grande équité de traitement » et « significativement »)
Peu avant la rentrée, les familles reçoivent la nouvelle grille, avec des nouveaux tarifs, et des augmentations effectivement très significatives. Du coup, les parents qui estiment qu’ils paient trop cher ces APEMS, ne peuvent plus se retourner pour trouver d’autres solutions (maman de jour, nounou, école privée, etc.), c’est malheureusement trop tard!
Voilà pour la forme.
 
 
Sur le fond, je vous donne quelques chiffres. Auparavant, les parents qui étaient dans la tranche maximale (on parle de plus de CHF 11’000, pour l’ensemble du ménage), payaient environ 15 francs pour le midi et 7 francs pour l’après-midi, pour un enfant: des tarifs que je considère encore comme raisonnable. Aujourd’hui, avec la nouvelle grille, une nouvelle limite est posée, il s’agit dorénavant de CHF 14’000 par ménage - nous parlons ici de la classe moyenne! La problématique est quasi la même pour les revenus entre CHF 10’000 et 14’000. Avec ce barème, la famille va alors payer 13.- le matin, 35.75 pour le midi, et 16.- le soir. Je le redis: 35.- pour midi, pour un repas et deux heures de « garde » (les enfants sont très nombreux, et les conditions de garde ne sont pas les mêmes que pour les tout petits). Je note donc une augmentation de 133% pour midi, et de 128% pour le soir! Une famille qui laisse son enfant 4 jours par semaine à l’APEMS paiera plus de CHF 1’000 par mois, environ CHF 11’000 pour l’année pour un seul enfant! 
 
Je vois donc des parents qui sont en train d’hésiter entre l’école publique avec l’APEMS, ou mettre leurs enfants dans des écoles privées, et je trouve ceci inquiétant et triste dans un sens. Je les comprends, mais par contre je ne comprends pas la politique menée par la Municipalité, qui est proprement scandaleuse! 
 
La classe moyenne est taxée lourdement deux fois
Premièrement par les impôts, et nous l’avons vu avec l’enquête parue dernièrement dans le 24H, la classe moyenne à Lausanne est taxée de manière bien plus importante que dans les autres villes suisses. Et deuxièmement, à travers ces tarifs d’APEMS, qui sont des impôts cachés. On se retrouve avec une double progressivité. 
La classe moyenne est fatiguée de devoir toujours passer à la caisse: des impôts élevés, des tarifs-taxes déguisées, des logements chers! Nous devons nous battre pour garder la classe moyenne à Lausanne, et ne pas la laisser s’exiler dans d’autres communes, où elle y trouvera des logements abordables tant à l’acquisition qu’à la location, et des impôts moins lourds!
 
Les solutions existent: tout d’abord, je propose de revenir à des tarifs égaux pour tous les enfants. Il ne doit pas y avoir de progressivité à ce niveau; la progressivité doit être fiscale, et uniquement fiscale. Par contre il y a de nombreuses économies à faire, et il faut mettre en place des plans d’actions pour les réaliser. Voici une idée: mettre en place une centrale d’achat pour les repas, ou encore négocier avec les distributeurs des rabais. Aujourd’hui cela n’est pas encore en place!
 
On touche quand même un point important de l’avenir en Suisse, notre démographie et donc notre prospérité, mais aussi notre capacité à assurer une relève. Nous connaissons un déficit démographique important, et les deux manières pour l'améliorer dans notre pays sont l’immigration - mais nous voyons comme cette problématique est bloquée aujourd’hui par l’UDC - et l’augmentation du taux de natalité, et cela passe par des incitations fiscales, financières pour aider les familles, par exemple par des tarifs « significativement » moins importants pour les crèches et APEMS, ou par exemple par la prochaine initiative du PDC pour la gratuité de l’assurance maladie pour les enfants! 

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