25/11/2014

Le programme du PDC - 1ère partie: une posture

Très souvent, les programmes nationaux des partis politiques sont d'une grande généralité, je cite quelles pépites: améliorer les conditions-cadres. défendre la Suisse, garantir la souveraineté nationale, défendre notre économie, préserver nos espaces verts et j'en passe. 

Samedi a eu lieu l'Assemblée des délégués du PDC Suisse à Berne, placée sous le signe des élections fédérales à venir, et des de la votation en mars 2015 sur l'initiative de ce même parti pour la famille. 
Avant de rentrer dans le détail du programme (ce qui sera fait dans une seconde partie), je propose ici de réfléchir à la posture qu'a prise le PDC dans notre système politique. La question qui se pose ici est à quoi sert le PDC en Suisse aujourd'hui?
 
Dans un jeu politique de plus en plus polarisé, dur, sans concessions, à coup d'initiatives extrêmes, qui remettent en cause notre savoir-vivre ensemble, nos valeurs, notre prospérité, entre une gauche qui n'a toujours pas fait son tournant social-démocrate (ou social-libéral) (sauf lorsqu'elle fait partie du gouvernement, d'où les décalages entre ses élus et la base), et d'une droite extrême, l'UDC qui met en péril nos principes fondamentaux, notre rapport à l'étranger, notre appartenance à une communauté internationale, représentée entres autres par la Convention européenne des Droits de l'Homme (que scandaleusement remet en question un conseiller fédéral UDC; d'ailleurs je suis encore estomaqué par le peu de bruit que cela occasionne, personne ne hurle, la raison en étant certainement la banalisation de cette pensée (que le droit m'interdit ici de qualifier)...
 
Le PDC se pose comme le garant de nos instituions, de nos valeurs communes, de ce qui a fait et fait encore notre prospérité, de notre art du consensus, de notre économie libérale, mais tout à la fois sociale, solidaire. Le PDC s'est toujours battu pour que nous arrivions à des solutions pragmatiques, sans dogmatisme, où chacun peut partager, se parler. 
 
Disons le clairement, le PDC est le parti anti-UDC, non pas dans le sens où notre programme et nos actions seraient construits en réaction à l'UDC, mais plus fondamentalement dans sa manière de fonctionner, de respecter les valeurs de chacun. Le PDC est un parti qui veut construire une Suisse moderne en se basant notamment sur ce qui a fait notre force, sans renier son passé, et l'UDC, par contre, veut déconstruire pour retrouver une Suisse idéale (dans le sens de l'Ideal-Type de Max Weber), qui n'a bien sûr jamais existé.

Commentaires

Monsieur Donzé,
Je pourrais (presque) être d'accord avec vous lorsque vous dites:

«... entre une gauche qui n'a toujours pas fait son tournant social-démocrate (ou social-libéral) (sauf lorsqu'elle fait partie du gouvernement, d'où les décalages entre ses élus et la base)»

À cela près que, lorsque la gauche est au gouvernement, elle n'est plus qu'uniquement "libérale" et ce, dans le plus mauvais sens du terme. Que ne ferait pas le politicien pour se maintenir au pouvoir!... Sa soif de ce pouvoir reste toujours bien plus forte que celle de ses idées et que sa fibre altruiste.

Le vrai Libéralisme -pas plus que le Communisme d'ailleurs- n'a jamais vraiment existé. Nous n’en avons vécu que des succédanés, des avatars, des avortons. Historiquement, les politiciens se sont toujours appropriés les "philosophies politiques" à leur propre fin et à leur propre gloire ou, dans le meilleur des cas, à celle d'une minorité... Et, malheureusement, l'Homme n'est absolument pas à l'aube d'une amélioration! Il semblerait même que ce soit le contraire!... Vous dites vous-même:

«Dans un jeu politique de plus en plus polarisé, dur, sans concessions, à coup d'initiatives extrêmes, qui remettent en cause notre savoir-vivre ensemble, nos valeurs, notre prospérité...»
D'ailleurs, puisque vous n'êtes qu'un Homme (pas plus, pas moins que moi, bien entendu), vous êtes absolument ravi que les choses soient telles que vous les avez décrites!
Sinon votre parti, le PDC, n'aurait plus aucune raison d'être !... Et par la même occasion, la possibilité de se présenter aux prochaines élections sous la bannière PDC s'étteindrait pour vous. Plus moyen d’atteindre une seule miette du pouvoir tant convoité!

Seconde chose: relisez-vous s'il vous-plaît! Lorsque vous dites:

«Le PDC se pose comme le garant de nos instituions, de nos valeurs communes, de ce qui a fait et fait encore notre prospérité, de notre art du consensus, de notre économe libérale, mais tout à la fois sociale, solidaire. Le PDC s'est toujours battu pour que nous arrivions à des solutions pragmatiques, sans dogmatisme, où chacun peut partager, se parler.»

Ne retrouve-t-on pas le même genre de pépites que vous mentionnez au début de votre billet?
«Garant des institutions» «Valeurs communes» «Art du consensus » et puis, plus loin «Suisse moderne» ne sont-elle pas, elle aussi, de réelles «pé-pitres» politicienne.
J’admets que l pépite «économe libérale» n’est pas du tout du même tonneau. Je la traduis: le PDC a compris qu’il est temps que la politique devienne économe de bla-bal, que pour ce faire le PDC a besoin d’une femme… Oui! Puisque vous écrivez «économe libérale» au féminin !
Ou alors, peut-être s’agirait-il de l’économe tel que celui de mes très anciens souvenirs scolaires? Mais si!... Celui qui distribuait les cahiers, les crayons et les gommes. Pour le PDC il s’agira surtout des gommes, celles qui permettent de gommer les plus grandes contradictions.

Écrit par : Père Siffleur | 25/11/2014

Merci pour la correction!

Écrit par : Manuel Donze | 25/11/2014

Je m'énervais l'autre jour du peu d'indignation des politiques par rapport à l'attaque d'Ueli Maurer contre la CEDH (convention européenne des droits de l'homme), dont fait partie la Suisse.
Je me trompais et je remercie Chantal Tauxe journaliste à l'Hebdo de s'en offusquer; elle cite Christophe Darbellay, qui "sauve l'honneur d'une classe politique devenue bien lâche et tendre face à ce genre d'agression en déclarant (en parlant de notre conseiller fédéral): Ce type est une honte"!
Merci à tous les deux!

Écrit par : Manuel Donzé | 02/12/2014

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