28/11/2014

Le programme du PDC - engagé pour les familles (partie 2)

Sur le site du PDC Suisse, on y trouve un article résumant l’Assemblée des délégués qui a eu lieu il y a une semaine. Nous y lisons: « Faisons-le! » tel est la credo du PDC pour l’année électorale 2015. Concrètement, le PDC s’engage pour les familles et pour la classe moyenne, pour les PME et les emplois, pour la sécurité sociale et la sécurité au quotidien »

Qu’est-ce que cela signifie pour le PDC Lausanne, pour l’engagement de cette section à l’échelon local?
L’engagement pour les familles se concrétise clairement dans des mesures qui encouragent les couples à fonder une famille, mais aussi dans des programmes qui empêchent l’appauvrissement des familles lorsqu’un couple décide d’avoir un enfant, deux enfants, voire plus. La droite extrême par ces mesures anti-immigration, anti-économie, nous empêchent de disposer de la main d’oeuvre dont notre économie a besoin, mais aussi remet en question notre système de sécurité sociale, notamment l’AVS. Aujourd’hui nous ne faisons pas assez d’enfants, pour toutes sortes de raisons, mais certaines relèvent de l’action politique: nous devons tout mettre en oeuvre pour relever le taux de natalité en Suisse.

Au lieu de grands discours, dont certains partis se gargarisent avec des incantations: « nous sommes aussi le parti de la famille », le PDC s’engage concrètement au niveau fédéral, avec une initiative qui encourage la natalité via une incitation fiscale: l’exonération fiscale des allocations familles, c’est-à-dire que les allocations familiales ne seront plus comprises dans le revenu des ménages, et donc nous soumises à l’impôt sur le revenu.
Nous voterons en mars sur cette initiative.

Au niveau lausannois, nous avons lancé il y a quelques temps une pétition pour encourager la création de places de crèches. Nous sommes partis sans à priori, notamment sur la séparation crèches publiques / privées, nous voulons que les partis lausannois discutent ensemble pour trouver les meilleures solutions afin de pallier l’actuelle pénurie et aussi le manque de places estimé à 1’500 pour les cinq prochaines années. Nous avons aussi un catalogue de mesures, prêtes pour aller très vite dans ce sens.

Aujourd’hui, des couples, des familles font face à des problématique que le politique doit résoudre: si je fais un enfant, est-ce que j’aurai une place de crèche?, alors sinon qui s’occupera de mon enfant?, est-ce que le père ou la mère devra arrêter de travailler? 

Notre économie, notre société ne peut se permettre aujourd’hui que des personnes arrêtent de travailler car contraints par manque de place de crèches. Si c’est un choix personnel, je le respecte profondément, mais il ne faut en aucune façon que cette décision ne soit pas un choix, mais forcée.

 

25/11/2014

Le programme du PDC - 1ère partie: une posture

Très souvent, les programmes nationaux des partis politiques sont d'une grande généralité, je cite quelles pépites: améliorer les conditions-cadres. défendre la Suisse, garantir la souveraineté nationale, défendre notre économie, préserver nos espaces verts et j'en passe. 

Samedi a eu lieu l'Assemblée des délégués du PDC Suisse à Berne, placée sous le signe des élections fédérales à venir, et des de la votation en mars 2015 sur l'initiative de ce même parti pour la famille. 
Avant de rentrer dans le détail du programme (ce qui sera fait dans une seconde partie), je propose ici de réfléchir à la posture qu'a prise le PDC dans notre système politique. La question qui se pose ici est à quoi sert le PDC en Suisse aujourd'hui?
 
Dans un jeu politique de plus en plus polarisé, dur, sans concessions, à coup d'initiatives extrêmes, qui remettent en cause notre savoir-vivre ensemble, nos valeurs, notre prospérité, entre une gauche qui n'a toujours pas fait son tournant social-démocrate (ou social-libéral) (sauf lorsqu'elle fait partie du gouvernement, d'où les décalages entre ses élus et la base), et d'une droite extrême, l'UDC qui met en péril nos principes fondamentaux, notre rapport à l'étranger, notre appartenance à une communauté internationale, représentée entres autres par la Convention européenne des Droits de l'Homme (que scandaleusement remet en question un conseiller fédéral UDC; d'ailleurs je suis encore estomaqué par le peu de bruit que cela occasionne, personne ne hurle, la raison en étant certainement la banalisation de cette pensée (que le droit m'interdit ici de qualifier)...
 
Le PDC se pose comme le garant de nos instituions, de nos valeurs communes, de ce qui a fait et fait encore notre prospérité, de notre art du consensus, de notre économie libérale, mais tout à la fois sociale, solidaire. Le PDC s'est toujours battu pour que nous arrivions à des solutions pragmatiques, sans dogmatisme, où chacun peut partager, se parler. 
 
Disons le clairement, le PDC est le parti anti-UDC, non pas dans le sens où notre programme et nos actions seraient construits en réaction à l'UDC, mais plus fondamentalement dans sa manière de fonctionner, de respecter les valeurs de chacun. Le PDC est un parti qui veut construire une Suisse moderne en se basant notamment sur ce qui a fait notre force, sans renier son passé, et l'UDC, par contre, veut déconstruire pour retrouver une Suisse idéale (dans le sens de l'Ideal-Type de Max Weber), qui n'a bien sûr jamais existé.

07/11/2014

Tisa - un danger pour notre démocratie et nos services publics

J’aimerai ici revenir sur l’accord connu sur le sous nom Tisa (Trade in Services Agreement), qui est actuellement en négociation à l’OMC.

 

Sur quoi porte cet accord?

Tout d’abord, le principe directeur de l’acte final créant l’OMC stipule: chacun des pays membres de l’OMC doit accorder immédiatement et sans conditions aux fournisseurs de services des autres pays membres un traitement non moins favorable que celui qu’il accorde aux services similaires et fournisseurs de services similaires de tout autre pays.

 

Jusqu’ici je partage cette préoccupation d’ouverture des marchés, c’est-à-dire qu’un appel d’offre doit s’ouvrir aux entreprises du pays mais aussi à d’autres pays. Cette «libéralisation» du marché dans l’ensemble est profitable aux entreprises suisses, très compétitives sur les marchés internationaux, à la pointe de l’innovation dans de nombreux secteurs. Et bien sûr profitable aussi à l’Etat, qui peut se procurer des services en utilisant des critères autres que purement géographiques, telles que prix, efficacité, qualité, respect des délais. Et donc profitables aussi à la population suisse, à nos contribuables et consommateurs.

Cette libéralisation a comme conséquence une interdiction des subventions étatiques aux entreprises, car cela engendrerait des distorsions sur le marché.

 

L’article 1 de Tisa précise que les mesures de libéralisation ne concernent pas les services fournis dans l’exercice du pouvoir gouvernemental. Alors tout va bien? 

Et bien non, si on regarde la définition donnée par ce traité au service gouvernemental: «Un service gouvernemental n’est fourni ni sur une base commerciale, ni en concurrence avec un ou plusieurs fournisseurs de service». 

Et c’est sur cette base qu’il y a un problème: pensons aux hôpitaux, aux services de transport, aux systèmes de garde d’enfant, voire même aux écoles, car ces différents services sont en concurrence avec des entreprises privées (hôpitaux privés, sociétés de transport privées, crèches privées, écoles privées).

 

Donc si on suit la logique, il y a véritablement une direction que l’OMC veut faire prendre aux différents pays signataires: la voie de la libéralisation des services publics, de la privatisation. 

D’ailleurs, l’accord prévoit aussi un gel des niveaux actuels de libéralisation, dans le sens où on ne pourrait pas revenir en arrière: une entreprise privatisée ne pourrait retourner dans le giron public. 

Cela va très loin et je cite l’article(1) dont je me suis inspiré, qui cite lui-même la fédération syndicale internationale (regroupant les travailleurs du service public)  «L’ACS (nom français de Tisa) empêchera les gouvernements de reprendre le contrôle des services publics, limitera les réglementations environnementales, les mécanismes de protection des consommateurs et les autorités de réglementation dans les domaines tels que l’homologation des établissements de soins de santé, les centrales énergétiques, les centrales d’élimination des déchets, ainsi que les accréditations des écoles et des universités». 

 

Je ne suis pas opposé à la libéralisation du marché «privé», je pense qu’elle est souvent nécessaire, et permet souvent de casser certains «cartels», accords, voire parfois la corruption et le copinage notamment dans les appels d’offre publique. Elle est souvent aussi profitable aux consommateurs.

Aujourd’hui on ne parle pas de ceci, mais d’un véritable camouflet à la démocratie, pour un traité qui se négocie au-dessus de nos têtes et de nos votes, et qui aura un impact majeur sur notre vie quotidienne; et d’autre part, d’une limitation importante des activités des pouvoirs publics, de leur liberté dans l’appréciation d’une situation, par exemple sur les marchés où il y a des externalités trop importante (par exemple des effets indésirables sur l’environnement), où il existe des distorsions sur la concurrence au niveau des prix, qui sont défavorables aux consommateurs, etc. 

Pensons au travail important réalisé par notre Monsieur Prix, qui se retrouverait «hors-la-loi» par un tel accord: fini les interventions gouvernementales, avec le crédo: les marchés s’organisent de manière plus efficiente sans l’intervention étatique. Nous avons vu par exemple dans le domaine bancaire au niveau mondial ce que cela a donné, ou au niveau des prix pratiqués par les librairies en Suisse avant l’intervention de Monsieur Prix.

 

L’Etat doit garder sa liberté, et ne pas se retrouver corseté par cette initiative de l’OMC.

Il faut donc résister à cette mainmise sur notre politique étatique, à un ultra-libéralisme dangereux pour notre pays et nos valeurs.

 

Note: (1) http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-tisa-pour-la-finance-et-contre-158540