23/01/2015

La BCE relance l’Europe! Et la Suisse dans tout ça?

Enfin! Enfin la BCE joue pleinement son rôle de stabilisateur de l’économie! 

En injectant 1’140 milliards d’Euros dans la zone Euro en rachetant les obligations souveraines des pays membres de cette même zone, Mario Draghi, président de la BCE (Banque centrale européenne) a décidé que celle-ci devait relever l’immense défi qui se présente au vieux continent: créer de la croissance dans un monde mondialisé, avec une concurrence toujours plus forte, tant en termes de coûts de production, mais aussi au niveau de l’intervention des banques centrales, pourvoyeuses de croissance dans toute une série de pays, et notamment aux Etats-Unis et en Angleterre.

 

Quel rôle doit jouer la BCE? Les banques centrales ont deux rôles principaux, avec dans l’ordre de priorité, la maîtrise l’inflation (autour de 2%) et un rôle d’accompagnateur de croissance. Jusqu’à peu, la BCE se contentait du premier rôle, celui de la maîtrise de l’inflation, sous le joug de l’Allemagne, qui, pour des raisons essentiellement électoralistes (l’électorat de Merkel est plutôt composé de personnes âgées, de rentiers, pour qui l’inflation est un épouvantail) et historiques (l’hyperinflation qu’a connu le pays dans les années 1920 resté ancré dans l’ADN de l’Allemagne), s’est toujours opposé à ce que la BCE s’occupe de croissance économique (avec comme conséquence une inflation non maîtrisée).

Aujourd’hui se contenter de ce rôle est absurde, étant donné que nous sommes en période plutôt de déflation (en tous cas d’inflation négative pour être précis). Il s’agit alors de relancer la zone Euro, avec comme triple avantage:

Premièrement l’injection de monnaie va conduire à une baisse des taux d’intérêt des dettes des Etats, et par effet de domino celui des ménages, donc avec comme conséquence une relance de la consommation et de la demande. 

Deuxièmement, il s’agit de rassurer les marchés sur ces dettes d’Etat de pays comme la Grèce, l’Italie, etc. Là, la BCE donne un signal très clair aux spéculateurs: il n’y a pas de place pour de la spéculation à partir du moment où la BCE donne ce signal fort de rachat massif d’obligations d’Etat (même si techniquement ces rachats se feront principalement à 80% par les banques centrales des pays concernés).

Et enfin, par l’injection de monnaie, l’Euro s’est encore déprécié par rapport à l’USD, ce qui a comme conséquence une relance des exportations.

 

Comme le disait le regretté Bernard Maris, les planètes sont réunies maintenant dans la zone Euro: la relance de la croissance par l’augmentation de la masse monétaire, un euro moins fort favorable aux exportations, une minimisation des risques liés aux dettes d’Etat, comme pour la Grèce, le plan Juncker avec un plan de relance de plus 300 milliards d’Euros, et aussi la diminution du prix du pétrole.

 

Et la Suisse? 

Une fois stabilisé le franc suisse par rapport à l’Euro, il faudra se pencher sur les industries les plus touchées par cette appréciation de notre monnaie, je pense au tourisme, aux pme exportatrices, celles qui font la force de notre pays et réfléchir aux gains (des matières premières moins chers, le coût du pétrole diminué d’environ  30%) et pertes de celles-ci (une compétitivité sérieusement détériorée avec un prix dorénavant supérieur de 30% par rapport à nos concurrents européens notamment).

Enfin, il faudra être imaginatif., trouver des solutions pour aider nos entreprises et notre tourisme, tant en termes de financement (suppléer les banques dans l’octroi de crédits), que de soutien au niveau des ventes sur les marchés.

 

 

Mais en fin de compte, cette relance de l’économie par la décision de la BCE est une bonne nouvelle pour la Suisse (je ne parle pas de la décision de la semaine passée de la BNS), car plus de la moitié de nos exportations vont en Europe (55%), et donc malgré la cherté du franc suisse, les planètes, dont je parlais ci-dessus, sont favorables à la croissance et donc une demande intérieure forte en Europe est bonne la Suisse. Nous avons aussi besoin de la croissance européenne pour dynamiser notre économie. D’autre part, 73% de nos importations proviennent de l’Union européenne, et il est à espérer et à contrôler que cela aura un impact clair sur les prix des produits importés.