18/02/2015

L'initiative PDC pour les familles répond au problème de déficit démographique

Aujourd’hui nous avons un grave problème en Suisse, un problème de démographie. Nous avons un taux de fécondité de 1.4 enfants alors que si on voulait un développement « normal » de notre pays, il faudrait 2 à 2.2 enfants par femme. Qu'est-ce que cela signifie normal? Cela veut dire qu'il y ait un renouvellement de génération, que nos enfants arriveront à payer nos retraites, les coûts de la santé des plus âgés, que nos entreprises continuent à prospérer.

Si ce taux de 2 enfants n'est pas atteint sur le long terme? Une population qui périclite, un pays qui perd de la population se retrouve en décroissance, avec d’énormes problèmes de financement de l’AVS, assurance maladie, etc. Le manque de main-d’œuvre jeune se répercutera sur l’économie, avec des conséquences graves comme des pénuries dans les secteurs de l’industrie et des prestations de services, comme dans le domaine des soins et des hôpitaux, ainsi que pour l’AVS et les assurances maladie. Ces conséquences se répercuteront en particulier sur les personnes âgées.



Un facteur important de la dénatalité est les mauvaises conditions-cadres financières pour les familles et les enfants. Il est prouvé que les pays offrant de meilleures conditions enregistrent un taux de natalité plus élevé.

 Prenons l’Allemagne et la France. L’Allemagne connaît un taux de natalité proche de la Suisse. La France avec un taux de 2 enfants est dans le trio de tête en Europe. A court terme, faire des enfants coûte cher pour un pays: frais d’infrastructure, crèches, subsides assurance maladie, écoles, etc. Mais à long terme, un taux de 2 enfants par femme est essentiel pour préserver la croissance et financer nos retraites.

Pour compenser le déficit démographique, qui est dû à deux facteurs, le déficit de naissance mais aussi au vieillissement de la population, nous avons deux grandes «solutions»: augmenter l’immigration ou augmenter le taux de natalité. 

 En ce qui concerne l’immigration, Il faudrait un solde migratoire d’environ 40’000 entrées. Il se trouve que nous sommes dans un environnement politique qui ne nous permet pas d’y répondre, face à des initiatives UDC, qui restreignent cette immigration, Cette voie est une impasse politique aujourd’hui.

 Donc il faut faire des enfantsMais faire des enfants coûte cher! Nous l'avons vu pour les finances publiques, mais aussi pour les familles. C’est beaucoup de bonheur, mais un bonheur coûteux. L’OFS a estimé en 2009 le coût direct d’un enfant à 819.- par mois, ce qui représente une perte de pouvoir d’achat pour un couple de 40%, et le coût de deux enfants à 1’310 par mois. Permettez-moi d’annualiser: cela représente 15’720 par année!

Selon D. Erne de la FRC, même avec un revenu mensuel de 8’000- par mois, sans dette, malgré une bonne gestion financière, un ménage peut connaître des difficultés financières. Nous sommes ici dans la célèbre classe moyenne.

Et donc l’autre solution c’est améliorer les conditions qui permettent aux familles de faire des enfants. Je ne veux pas que des familles hésitent, voire s’arrêtent à un ou deux enfants, ou voire même pas du tout, pour des raisons financières. Cela doit être une réflexion personnelle, bien sûr qu’il y a une contrainte financière, mais l’Etat doit justement soutenir ces volontés. On le voit dans de nombreux pays, du Nord comme aussi la France, l’aide financière, comme ce type d’initiative, est un facteur important dans la croissance démographique.

C’est pourquoi l'initiative pour l'exonération des allocations familiales du PDC est simple, directement applicable, sans coût de mise en oeuvre et extrêmement efficace.

En Suisse, les entreprises participent à cet effort, car elles savent qu’un taux important de natalité, c’est bon à long terme pour elles. Elles veulent des futurs employés, elles veulent des consommateurs, donc elles financent cette solidarité intergénérationnelle.

Il est quand même invraisemblable que derrière ce geste financier (de 5 milliards de nos entreprises en Suisse), l’Etat reprenne une partie cet argent via les impôts sur le revenu. Et  donc les familles, et bien entendu uniquement elles, versent 1 milliard à l’Etat, uniquement car elles ont des enfants! Cet impôt n’est bien sûr pas versé par une personne célibataire, ou un couple sans enfants! C'est complètement inéquitable. Et même aberrant! Et si seulement cet argent était uniquement utilisé pour un fonds d’aide à la famille, la création de crèches, etc. Mais non, ils entrent comme tout impôt sur le revenu sur un pot commun, nos finances fédérales, et va être utilisé pour la défense, l’agriculture, etc.

L'argent versé par les entreprises, pour aider les familles, pour combler le déficit démographique, est donc détourné par l’Etat!

Cette initiative PDC répond de manière efficace et équitable à deux grandes problématiques de notre société suisse, soulager les classes moyennes et aider dans une certaine mesure à un meilleur équilibre démographique.

 

 

Commentaires

Pensez-vous réellement que la France avec son taux de 2 soit le bon exemple?

Ce n'est qu'une question!... Vous allez expliquer pourquoi, bien que la France soit dans le trio de tête de la natalité européenne, elle ait des problèmes plus graves qu'ici?
Ah! Peut-être n'est-ce pas un problème de France, mais un problème de Hollande?

Écrit par : Père Siffleur | 18/02/2015

Merci pour votre commentaire que j'attendais.
vous verrez dans mon article qu'effectivement faire des enfants coûte cher. Mais les économistes vous diront qu'à terme, dans 20 ans, cela sera un magnifique moteur de croissance pour ce type de pays. Et ils n'auront pas ces mêmes problèmes de vieillissement démographique que vont connaître la Suisse et l'Allemagne par exemple, et les coûts pour les supporter (les entreprises et les salariés qui seront dans l'obligation de payer des cotisations AVS bien plus importantes, et des primes d'assurance maladie pour toute cette population de seniors.).

Maintenant, clairement aujourd'hui, si je réponds stricto sensu à votre question, l'arrivée massive de jeunes sur le marché du travail a une importance structurelle sur le chômage de masse que connaît la France, ce qu'il n'y a pas par exemple en Allemagne ou en Suisse.
En plus, la rigidité du code du travail empêche l'embauche rapide, flexible, mais d'un autre côté empêche aussi une trop grande précarité des travailleurs, comme ce que l'on voit en Angleterre et aux USA.

Les politiques passent, mais parfois il y a des problèmes structurels, que n'importe quel homme politique qu'il soit de gauche ou de droite ne peut rien faire en 2 ans. Il est toujours très facile de critiquer Hollande, mais il est le seul en 10 ans qui a entrepris des grandes réformes structurelles, et il faut bien l'avouer, qu'on soit socialiste ou pas.

Écrit par : Manuel Donze | 18/02/2015

Etes-vous sûr que ce sont les enfants qui coûtent chers à leurs géniteurs ?

Il faut commencer par le début : le prix des loyers : le taux hypothécaire qui est bas n'est pas automatiquement répercuté ce qui est regrettable), le prix des transports publics, des assurances quelles qu'elles soient (maladie, voiture), le prix des sacs poubelles, la taxe réclamée dans les communes qui s'ajoutent aux impôts, etc....

Et les employeurs qui, non seulement aiment très modérément pour certains en tout cas le travail à temps partiel pour les parents, mais en plus respectent très mal l'égalité salariale ...

Tout ceci laisse à désirer alors venir expliquer que cette défiscalisation est nécessaire pour selon vos propos " aider dans une certaine mesure à un meilleur équilibre démographique", il y a un pas que je ne saurais franchir aussi allègrement !

Écrit par : Marie | 18/02/2015

Merci pour votre commentaire, et vous avez complètement raison. Qui souffre de ces conditions? la classe moyenne, et donc la famille!
Ce dont vous parlez, c'est justement les familles et la classe moyenne. Comment définir la classe moyenne? une vache à lait qui:
-qui paie beaucoup d'impôts,
- qui est très vite aux plafonds dans un certain nombre de barèmes, comme les crèches, les APEMS, donc qui paient tout au max (comme si ces familles gagnaient 1 million par année).
- qui a senti l'augmentation des loyers depuis 20 ans,
- et l'explosion des coûts de la santé à travers ses primes qu'ils paient toujours plus chers!
donc avec cette initiative il s'agit de remplir notamment deux buts: soulager les familles et la classe moyenne, et inciter dans une certaine mesure les gens à faire plus d'enfants (et bien entendu il faut encore d'autres incitations, en termes de structures de garde, d'aide, de congé parental, etc.)
Le PDC propose aussi dans son programme pour les fédérales 2015 (et a déposé une initiative parlementaire il y a 3 ans, qui est discutée ces jours en commission) la gratuité des primes d'assurance maladie pour les enfants.

Écrit par : Manuel Donzé | 18/02/2015

M.Donzé,

Si le but est d'aider les familles équitablement, pourquoi aider le plus les familles les plus riches ? C'est pourtant ce que propose votre initiative. Une sorte de politique de l'arrosoir sélective: donnez énormément à ceux qui ont déjà tout, beaucoup à ceux qui ont beaucoup, un peu à ceux qui ont un peu, rien à ceux qui n'ont rien.

"L'argent versé par les entreprises, pour aider les familles, pour combler le déficit démographique, est donc détourné par l’Etat!"

Votre phrase ci-dessus est tendancieuse. Dans le même esprit, on peut dire cela de tous les revenus: ils sont versés par des entreprises et une part est détournée par l'Etat. Ou alors on peut aussi se scandaliser que les rentes AVS soient fiscalisées. Je connais beaucoup de retraités qui n'ont que leur rente AVS et qui doivent payer des impôts dessus.

Enfin, vous ne dîtes pas ce qu'il va advenir du trou laissé par la défiscalisation des allocations familiales: baisse des prestations ou augmentation d'impôt ailleurs ? Ça sera pourtant l'un ou l'autre.

Écrit par : Fufus | 18/02/2015

Je reprends ici une analyse faite par le journal Tout compte fait, (pas très PDC à priori): elle part du constat que l’initiative va profiter plus aux personnes aisées en valeur absolue. OK..très bien, mais l’article va un peu plus loin, ce que ne font pas les socialistes de mauvaise foi. Elle prend des salaires mensuelles de 4’000.-, de 5’000.- etc. Jusqu’à 20’000.-, et elle incorpore une seule donnée supplémentaire, celle des subsides assurance maladie (elle aurait pu y inclure aussi les crèches, etc.).

Il faut dire que les subsides sont bien sûr accordés aux petits revenus, compte tenu justement du revenu des personnes et des familles. Quelles sont ces conclusions: «les familles qui ne paient pas ou peu de taxes, vont aussi profiter de l’initiative, car elles vont pouvoir bénéficier d’aides et de subventions supplémentaires accordées en fonction de d’un revenu imposable encore réduit!»

Quelques exemples:
avec un salaire de 4’000.- par mois, l’économie totale sera de 1’500 par année.
Avec un salaire de 5’000.- par mois, une économie de 3’004.-
alors que pour un revenu de 10’000.- par mois, elle ne sera plus que de 1’270.-

Écrit par : Manuel Donzé | 19/02/2015

On voit bien les dégâts de cette focalisation sur les familles en Valais.
A force de donner le bras aux familles, notamment par les subventions pour les assurances maladies.....le plafond était de 93'900 (2013 et baisse en 2014 à Fr. 81'600 pour un couple avec 3 enfants (en Valais donc, vous savez la terre originel de darbellay), avant cela les familles avaient des subventions à des degrés divers mais en tout cas 50% pour les enfants.

Et bien on en est maintenant à supprimer les subventions à des Vieux-AVS qui ont moins de 30'000 pour vivre à l'année.

Alors pour qui travaillent tous ces parlementaires avec enfants, si ce n'est que pour eux et leurs copains.

Écrit par : Corélande | 19/02/2015

@ Manuel Donzé : votre réponse appelle une ... réponse de ma part !

Les allocations familiales rentrent dans le calcul des revenus en cas de divorce pour arriver à un relatif équilibre des montants que les conjoints auront à leur disposition : j'imagine très mal les juges à l'audience de jugement de divorce commencer à calculer le réel disponible des parties !

En ce qui concerne les familles, il existe toute une série d'aide financière que ce soit pour les assurances maladie, aide au logement entre autres. Mme Ruiz l'a très bien expliqué hier soir à Infrarouge et je ne vote pas PS mais il faut reconnaître qu'elle a eu de solides arguments.

Mme Corélande a raison : les retraités tout le monde s'en fiche car ils ne rapportent rien !

Écrit par : Marie | 19/02/2015

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