01/06/2015

L'immigration choisie est-elle une forme de xénophobie d'Etat ?

Voici un texte que j'ai écrit pour le dernier journal d'Amnesty:

 Pour dire les choses très clairement, la réponse est oui, car les politiques publiques font la distinction entre une immigration choisie et une immigration qui serait subie. Cette distinction prend tout son sens dans notre pays aujourd’hui avec le retour des contingents, voulu par un courant que j’appellerai national-sécuritaire, donc une acceptation d’une immigration qui serait choisie de par son utilité économique, étant proche de nous, tant géographiquement que par ses valeurs. 

Et alors l’immigration subie? Elle relève, de par la distinction posée préalablement, d’une forme de menace, de l’Etranger, qu’on ne connaît pas, qui ne partage pas les mêmes valeurs, et dont l’immigration serait alors illégale, malgré la Déclaration universelle des Droits de l’homme. Cette question est cruciale aussi car les pays où les peuples sont persécutés (Syrie, etc.) ne sont pas, bien entendu, à nos frontières. 

 

Ici, les politiques ont aussi une lourde part de responsabilité car ils ont posé le débat en ces termes. Il est temps aujourd’hui de réfléchir et de remettre en question le rôle de la Suisse et sa capacité à absorber plus de personnes provenant de pays en conflit. Non, la barque n’est pas pleine, non l’étranger n’est pas dangereux pour nos valeurs.  Il en va de notre idée de la Suisse, et de comment les générations futures nous jugeront face à ces choix historiques: le repli ou l’ouverture.

Commentaires

La Suisse est ce qu'elle est parce qu'elle a toujours pratiquer l'immigration choisie.
Son rôle n'est pas d’accueillir la misère du monde mais bien au contraire d'aider les miséreux là où ils se trouvent et surtout de leur donner les outils pour s'en sortir. Rendre la Suisse plus misérable en la sur peuplant de gens de cultures différentes va finir par anéantir l'esprit suisse à l'origine même du succès helvétique et privera la Suisse des moyens qu'elle met à disposition des pays en mal de développement. Elle ne sera plus un exemple d'organisation politico-économique efficace pour le reste du monde mais au contraire un tout petit pays confronté a des problèmes sociaux et sécuritaires dans lequel plus personne ne se sentira bien.

Écrit par : norbert maendly | 16/06/2015

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