27/08/2015

Chronique du Grand Conseil - 25 août 2015

Et voilà je suis élu au Grand Conseil, et j’y ai assisté à ma première séance mardi (le 25 août). J’aimerais ici en quelques phrases raconter cette première session de la rentrée, et continuer durant l’année, en faisant une sorte de chronique hebdomadaire de ma vie au Grand Conseil.

Le matin du 25 août commence par une séance de groupe. Mon groupe, PDC Vaud Libre, est composé de 6 députés, dont 4 PDC (Gerald Cretegny, le président du groupe, Axel Marion, co-président du PDC Vaud, Michele Mossi et maintenant moi-même) et 2 députés Vaud Libre (Jérôme Christen et Serge Melly). Nous sommes accompagnés par le secrétaire parlementaire du groupe, Christophe Privet. L’ambiance est studieuse mais néanmoins chaleureuse. On travaille sur un document préparé par notre secrétaire, qui reprend les points à l’ordre du jour et ceux des trois prochaines séances parlementaires.

Le gros dossier sur lequel nous travaillons concerne la Loi sur la pédagogie spécialisée. Je me rends compte que le dossier est très complexe. Ce dossier m’aurait beaucoup intéressé, mais, d’une part,  j’arrive un  peu tard dessus, étant donné que nous sommes au niveau du vote des articles, et mon métier d’enseignant m’empêche d’être très actif sur les questions de formation, pour des questions de conflits d’intérêts.

Nous discutons aussi de l’attribution des places dans les commissions ; Les horaires de ces commissions sont un peu incompatibles avec celles d’un enseignant : je suis obligé de regarder d’abord les horaires de ces commissions et de choisir en fonction de ce critère et non de la thématique. De nombreuses commissions ont lieu durant les heures pendant lesquelles j’enseigne et il est difficile pour moi de manquer mon enseignement.

La politique en Suisse c’est quand même malheureusement plus facile lorsqu’on exerce une fonction d’indépendant, une profession libérale (avocat, médecin, etc.).

Je serai impliqué finalement dans une commission qui traitera d’une politique sociale gérontologique favorisant  la participation et l’autodétermination des personnes âgées. Je ne suis pas à priori spécialisé sur ces questions, mais étant donné que le PDC a mis en avant dans son programme cette thématique, cette commission sera très instructive pour moi.

L’après-midi a lieu mon assermentation, avec tout le protocole qui l’accompagne. C’est vraiment très impressionnant. Mon épouse et ma mère sont présents, pour ce moment de grande émotion pour moi. Je découvre la salle, ma place, et mon voisin, Axel, m’explique les premières bases de la fonction de député.

Je suis surpris par l’apparent désordre qui y règne. La nouvelle Présidente du Grand Conseil avance dans les points à l’ordre du jour, dans un brouhaha constant. Mais les choses avancent vite, les députés votent, tout est très bien organisé. Je suis surpris de la préparation en amont, car les interventions sont très bien orchestrés.

Je me rends compte aussi de la complexité de certaines lois et articles que nous votons. On m’explique qu’une dizaine de députés maîtrisent un dossier de A à Z, et il y a une grande spécialisation de chaque député, les dossiers étant trop complexes et trop lourds pour que tous les députés comprennent toutes les subtilités, ou même les lisent. On fait donc confiance au député de notre groupe qui a suivi le dossier. Voici une des limites à la politique de milice.

Durant la séance, un huissier vient m'informer que La Télé veut m'interviewer. C'est très spontané, et je parle de mes souvenirs d'étudiant à la bibliothèque qui regardait passer les députés, et aujourd'hui, c'est moi qui suis là, en tant que député.

Fin de séance, je suis épuisé mais heureux, je me réjouis déjà de mardi prochain.