27/10/2015

Electrosanne, la mort trop silencieuse d’un festival!

Interpellation au Grand Conseil - déposée le 26 oct 2015

Le 13 octobre 2015, l’Association Fayabash, fondatrice du festival Electrosanne, annonçait dans un communiqué la fin prématurée de ce festival. Electrosanne, festival de musiques électroniques, avait été créé en 2006 et fêtait cette année son dixième anniversaire.

Ce festival fonctionne depuis 2009 sur le modèle suivant: 2 scènes open air, sur la place Centrale et sur la place de l’Europe à Lausanne, et dans des clubs partenaires, tels que le D!, la Ruche, Le Romandie et le Bourg.

Ces deux dernières années, le festival a connu un très grand succès, avec une affluence annuelle d’environ 30’000 personnes sur l’ensemble du festival.

Le rayonnement de ce festival ne s’étend pas uniquement à Lausanne, mais dans tout le canton de Vaud, et en Suisse - par exemple, cette année il a reçu le prix de Best Big Event au Swiss Nightlife Award. Aussi, au niveau international, le festival a eu une très large couverture médiatique.

Le festival fait appel aussi à de nombreux artistes suisses, qui ont la possibilité de s’exprimer dans le cadre d’un festival international, ce qui leur offre une promotion incomparable.

Plus de 250 bénévoles travaillent pour ce festival durant le pic des activités.

Le festival offre aussi des expositions, une médiation culturelle en promouvant la musique électronique auprès d’enfants qui peuvent ainsi assister et participer au processus de création et de diffusion de cette musique, et des ateliers pour les jeunes.

Pour finir, ce festival offre des tarifs très compétitifs, comparativement aux autres festivals, avec un prix d’entrée compris entre CHF 20 et CHF 30 la soirée, ce qui permet aux jeunes d’y accéder.

Le Conseil d’Etat, à travers le service des affaires culturelles, subventionne des domaines culturels variés, théâtre, danse, cinéma, beaux-arts, littérature et la musique.

Les subventions cantonales reposent sur la base de la Loi sur la vie culturelle et la création artistique (LVCA). Le but de cette loi est d’»encourager et de soutenir la vie culturelle et la création artistique dans leur diversité, en tant qu’activités essentielles, signifiantes et prospectives, d’une société démocratiquement organisée et socialement développée et en tant qu’expressions d’un héritage collectif de la communauté» (art 1 al.1 LVCA). La loi «vise aussi à favoriser l’accès et la participation à la culture» (art 1 al.2 LVCA).

Dans le domaine de la musique, un certain nombre de festivals et de salles de concerts sont subventionnés, comme les Docks, le Festival Metropop, le Bourg, le Romandie, le festival Pully for Noise, le Cully Jazz Festival, etc.

Nous notons qu’Electrosanne ne figure pas dans ce listing. Le festival n’a pour ainsi dire jamais reçu de subventions cantonales (une exception de CHF 2’000 une année), ni de soutien logistique.

De la part de la ville de Lausanne, le festival a reçu une subvention en 2015 de CHF 30’000 sur un budget total d’environ CHF 600’000. L’organisation a dû rétrocéder pour environ CHF 10’000 de factures diverses (électricité, terrain, etc.) et de la taxe sur les divertissements pour un montant supérieur à la subvention. Sur le plan communal, le festival est donc plus contributeur que receveur.

De même, nous pouvons aussi relever que la musique électronique ne figure pas dans la liste des projets culturels subventionnés (ou seulement à travers des salles de concerts ou festivals qui en programment «à petite dose».).

Dans le communiqué de presse du festival, il est évoqué, comme argument sur le fait que l’association soit obligée d’arrêter ce festival, le peu de soutien de la part des autorités, en comparaison, et je le cite, aux «subventions colossales» que recevraient d’autres institutions culturelles.

Le Groupe PDC-Vaud Libre est aussi soucieux de la pacification des nuits lausannoises, et nous estimons qu’il est certainement préférable de canaliser une partie de la jeunesse dans le cadre d’un festival, fermé, régulé, comprenant un service d’ordre. Il est à noter aussi que le festival n’a jamais connu de gros problèmes de sécurité, de «faits divers». Ce festival est reconnu comme un exemple en matière de sécurité.

Au vu de ces différents constats, nous posons au Conseil d’Etat les questions suivantes:

Etant donné les buts décrits dans la LVCA, le festival Electrosanne rencontrait à notre avis tous les critères pour recevoir une subvention. Quelles ont été les raisons pour lesquelles ce festival n’a pas reçu de subventions ?

  1. Etant donné l’engouement des jeunes et moins jeunes pour la musique électronique, plus largement, quelle place est donnée à celle-ci dans le cadre des subventions cantonales?
  2. Que pense le Conseil d’Etat sur le rôle de ce festival dans la pacification des nuits lausannoises, et pourquoi n’encourage-t-il pas justement ce type de manifestation?
  3. Dans le cadre de ce type de manifestation culturelle, quelle analyse fait le Conseil d’Etat  de la coordination avec les services culturels des différentes communes? En d’autres termes, il a été relevé dans nos différentes discussions avec des responsables de manifestations culturelles que très souvent celles-ci recevaient une subvention cantonale uniquement si elles en touchaient une communale, afin d’acquérir une certaine légitimité : est-ce effectivement le cas?
  4. Est-ce que le Conseil d’Etat veut aussi favoriser la promotion des musiques actuelles, et plus particulièrement la musique électronique, très appréciée par les jeunes, et à travers quels moyens ?

Manuel Donzé 27 oct 2015

07/10/2015

Lausanne: le budget 2016 est arrivé

Lausanne: Le budget 2016 est arrivé. Faut-il s'en réjouir?

En tous cas, la Municipalité de gauche en est très fière, plus particulièrement du bénéfice de 300’000.- qu’elle présente.

Alors oui, nous pouvons dire que les charges sont contenues, par rapport au budget 2015, à +0.4% (+7.8 millions). Effectivement, la ville de Lausanne a de grands projets d’investissements, des dossiers prioritaires, des augmentations de charges dues à l’augmentation des effectifs de police, des places de crèches, etc.

Mais quand même, quel manque de vision! On nous dit: attention! On est face à un environnement économique et social très délicat, attention! La réforme de l’imposition sur les entreprises en 2017 va poser problème et conduire à des pertes fiscales importantes. On en fait quoi? Et bien pas grand chose. De nouveau, on ne constate pas d’anticipation.

Et on joue avec le bénéfice en sortant une réserve de son chapeau de magicien.

Depuis quelques années, et heureusement, la Suisse et particulièrement le canton de Vaud, connaissent une croissance soutenue. Cette période était propice pour couper des charges, pour restructurer cette administration. Aujourd’hui c’est encore possible, mais demain, avec une croissance qui risque de diminuer, des taux d’intérêts qui vont certainement augmenter, et donc des charges financières pour Lausanne qui vont prendre l’ascenseur (avec une dette bancaire brute de près de 2.7 milliards, en augmentation de plus de 100 millions)et la RIE III en plus, ça sera trop tard.

Il est juste d’augmenter les places d’accueil. Dans la présentation de Florence Germond, la Municipale en charge des Finances, on constate une augmentation de 736 places depuis le début de la législature. En 2012, nous avions estimé le manque de place de crèches à environ 1’500 sur les 5 prochaines années. Normalement j’ai tendance à voir le verre à moitié plein, mais, ici, si je pense aux familles en attente de places, je vois le verre plutôt vide.

Le même constat s’impose au niveau des effectifs policiers. L’outil d’analyse des besoins sécuritaires (OABS) avait estimé à un déficit de 120 à 140 policiers en 2011. Durant la législature, la création de postes se monte 68, bien mais pas suffisant. 

Florence Germond se réjouit que les effectifs des collaborateurs communaux autrement soient stables. Mais encore heureux avec la dette que nous avons, mais il fallait aller plus loin et auditer chaque département pour y dénicher les économies nécessaires. 

La croissance cumulée des charges sur 5 ans se monte tout de même à 11%, alors qu’elles auraient dû diminuer face à l’ampleur du désastre financier que nous a laissé Monsieur Brélaz.