10/11/2016

Trump: une évidence!

L’élection de Trump est une surprise mais aussi paradoxalement une évidence. Je vais essayer ici de montrer en quoi cette élection était pour ainsi dire dans l’ordre « naturel » des choses et en quoi elle n’est qu’une conséquence du monde dans lequel elle vit. 

 Un fait : Donald Trump lors de ses discours utilise environ 300 mots. Normalement, dans la vie courante, il faut compter 5 à 10 fois plus de mots pour une personne « normale ». Est-ce dire que le nouveau président des USA est une personne simple d’esprit ? loin de là. Il répond à des problématiques complexes par un langage binaire : oui / non et des phrases très courtes.

Aujourd’hui aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Suisse, nous sommes confrontés à un environnement complexe, qu’on peut considérer, selon notre position sociale, de menaçant ou plein d’opportunités. Il se trouve que plusieurs segments de la population se sentent plutôt menacés, et mis sur la touche dans notre monde globalisé.

Cet environnement complexe conduit bien entendu à des réponses complexes, qui peuvent s’avérer «technocratiques » pour beaucoup de monde.

Alors bien sûr quand un homme politique y répond de manière basique, par une solution simple, il parle de manière directe « au peuple », sans s’embarrasser d’un discours rationnel et « intellectuel ».

L’exemple de Donal Trump est significatif. Les Etats-Unis sont aujourd’hui aussi confrontés à des thématiques complexes, à une certaine crise d’identité. Et Trump y répond par un slogan par exemple, Immigration : mur à la frontière mexicaine, Terrorisme : interdiction pour les étrangers musulmans de voyager dans le pays.

On retrouve ce type de programme chez d’autres « populistes », tels que Marine Le Pen (Immigration : renvoi des étrangers), Sarkozy (relation avec l’islam : interdiction de la burka et du burkini) ou encore Blocher (immigration : initiative contre l’immigration de masse, islam : interdiction des minarets). On les retrouve aussi à gauche (Mélenchon et d’autres).

Il est clair qu’aujourd’hui, compte tenu de l’information telle qu’elle nous parvient, internet, Facebook, il n’existe plus de filtre, d’analyse et de décryptage. La lecture des quotidiens et celle des livres est en chute libre. L’information -et donc le discours- est distillé en 140 caractères (Twitter). Une réponse trop longue, un commentaire dépassant deux lignes n’intéressent plus les gens. Nous sommes dans l’information émotionnelle, et non plus dans une mise à distance des informations par des analystes, chercheurs, journalistes, etc.

Cette nouveau paradigme amène à une remise en cause profonde des hommes politiques aujourd’hui, ceux qui estiment qu’à des problèmes complexes les solutions sont aussi complexes, et bien entendu plus difficiles à expliquer, et donc qui partent perdants lors de débats face à ces « nouveaux populistes ».

Et donc pour revenir à ma problématique initiale, il est évident aujourd’hui que ces populistes comme Trump ont compris comment jouer avec l’information et en conséquence tromper le peuple.

Commentaires

Vous avez raison.
Face au populisme, il faut répondre aux slogan par des slogans. Renverser leurs slogans en montrant l'incohérence avec leur propre idéologie.

Par exemple, l'UDC est pour le nucléaire, et nous saoule avec les paysans.
Un accident nucléaires sans être aussi dramatique que Tchernobyl, peut polluer d'une couche radioactive une grande partie du territoire, mettant fin à la paysannerie en Suisse car personne ne voudra plus consommer suisse.

Que peut nous répondre un UDC qui veut protéger les paysans, la Suisse, et qui est prêt à jouer à la loterie nucléaire ?

Pour convaincre, il est plus efficace de parler d'un risque réel, même si il n'est pas important, que de parler d'énergie renouvelable qui est rejeté par un certain nombre de personne.

D'ailleurs tout donne à penser qu'un lobby pronucléaire injecte de l'argent à l'UDC contrairement au lobby paysan.

Ceux qui sont opposé aux populistes doivent apprendre a épurée leur langage pour que les gens puissent être confrontés à 2 slogans, et non à un slogan face à un brouillard. Il y a un effort de synthèse et d'aller à l'essentiel, et surtout les rhétoriques ne passe pas.

Ceux qui ont envie d'aller plus loin que les slogans ont les moyens d'y arriver tout seul.

Écrit par : motus | 10/11/2016

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