12/04/2017

Pour un vrai débat en profondeur sur notre école

Dû à l’imminence des élections cantonales et au départ de la Conseillère d’Etat Madame Lyon, une attention particulière est portée sur le département de la formation. De manière regrettable, et suivant une certaine tendance traditionnelle, nombreux sont ceux qui se limitent à « tirer sur les sortants », affichant leurs ambitions de reprendre ce département. Mais pour en faire quoi ? Aujourd’hui dans l’offre politique à gauche comme à droite, je ne vois pas un grand dessein pour notre école; par exemple aucun projet, aucune vision dans le programme de l’alliance PLR-UDC, notamment dans les propos du prétendant UDC. 

La réforme sur la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO) menée par Anne-Catherine Lyon est le fruit d’un large consensus du PLR et du PS. Elle y a apporté du courage et de la cohérence. De nombreux points positifs sont à mettre à son crédit, même si des ajustements doivent bien entendu être entrepris. 

Maintenant je pense que, pour le département de la formation, L’ambition doit être forte, et la réforme en profondeur, n’en déplaise à notre actuel argentier Pascal Broulis: la formation n’est pas une charge pour notre canton mais un réel investissement essentiel pour notre croissance: notre matière grise est notre matière précieuse.

Cette vision implique l’excellence à tous les niveaux. Il s’agit de soutenir nos élèves les moins armés et de stimuler ceux qui ont plus de facilités. Pour ce faire, des modifications en profondeur de notre système scolaire sont nécessaires, et doivent être entreprises en restant à l’écoute des professionnels de l’enseignement et des recherches empiriques actuelles.

Il s’agit notamment de réduire drastiquement le nombre d’élèves par classe: environ 12 élèves, par exemple dans des classes plus «difficiles», contre des effectifs pléthoriques aujourd’hui au niveau de l’enseignement obligatoire et post-obligatoire. Le travail de l’enseignant en sera profondément et positivement affecté. 

Le maître de classe doit également remplir un rôle essentiel, dans le dialogue avec les élèves mais aussi avec les parents. Il faut lui donner les moyens en augmentant le temps alloué à ces tâches. Il s’agit aussi de réintroduire les parents dans le système scolaire: l’école est devenue une boîte noire pour de trop nombreux parents, qui comprennent difficilement ses exigences et ne savent plus comment accompagner leurs enfants.

Il s’agit aussi de mettre en place ou de renforcer les structures d’accompagnement des élèves tout au long de leur scolarité, notamment avec des processus d’orientation scolaire et professionnelle beaucoup plus importants et efficients. Les échecs sont souvent le fruit de mauvais choix scolaires. 

Voici quelques pistes à considérer dans le débat sur l’école et non pas uniquement de savoir qui sera le prochain conseiller d’Etat. Il faut un véritable débat de fond car La formation est un des grands chantiers de notre prochaine législature et il faut lui donner les moyens de nos ambitions ! 

Commentaires

Si les maîtres de classe sont, comme on sait, par les contraintes administratives accablés, surchargés, burn out pas exclu comment trouveront-ils en eux l'énergie, la force de dialoguer comme il serait souhaitable avec leurs élèves et parents?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 12/04/2017

Je vous remercie pour votre commentaire. Effectivement, votre constat aujourd'hui est très juste sur les maîtres de classe (appelés conseillers de classe dans le post obligatoire). Il s'agit donc de se donner les moyens: aujourd'hui une période de décharge n'est clairement pas assez, et donc je propose de passer à environ 3 périodes.
Il serait aussi intéressant de tester un système flexible, où selon la "difficulté des classes", certains maîtres de classe pourraient disposer de plus de périodes de décharge (avec le système de gel/dégel des périodes).
Il n'y a aujourd'hui pas d'évaluation scientifique du temps consacré à cette charge très lourde, il serait urgent d'en mettre une en place.
Au plaisir de lire votre retour
Manuel Donzé

Écrit par : Donzé | 13/04/2017

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