11/09/2015

Chronique du Grand Conseil - 8 septembre 2015

3ème semaine au Grand Conseil. 

Cette semaine cela fera trois semaines que je suis député. Mais surtout j’ai participé à ma première commission, qui traite d’un postulat de Nicolas Rochat et d’une initiative de Julien Eggenberger, sur les fermetures de bureaux de poste. Etant donné ce qui se passe dans les commissions relève de la confidentialité, je ne peux pas révéler les débats qui ont eu lieu. Par contre, je me rends compte de la réalité à laquelle font face de nombreuses communes, avec la fermeture des bureaux de poste, de cette perte de proximité irremplaçable pour de nombreux citoyens. 

Il s’agit, à mon avis, de se battre pour un service public à vocation universelle, et de donner un réel pouvoir aux communes et au Canton dans les décisions prises par la Poste dans sa réorganisation et dans sa recherche de rentabilité à tout prix. 

Vous me verrez défenseur de l’économie lorsqu’on recherche à diminuer la concurrence, au détriment du consommateur. Par contre, lorsque nous avons un service public avec une mission essentielle, il s’agit de préserver celle-ci à travers des bureaux de poste couvrant notre territoire. La Poste est un service public, c’est donc aux politiques de décider des objectifs de celle-ci.

 

Nous passons en séance plénière et divers points sont abordés; une interpellation de Valérie Induni retient particulièrement mon attention, elle concerne les révélations de Swissleaks, et son utilisation par le Canton dans le cadre de la recherche de fraude fiscale par des suisses qui auraient eu un compte auprès de la HSBC. Les débats sont vifs, des belles passes d’arme entre, notamment, les socialistes et le PLR et l’UDC unis sur ce thème. Nous nous trouvons devant un dilemme: utiliser des données provenant d’un vol à la base, mais de l’autre côté un certain nombre de contribuables ont fraudé le fisc, et clairement il s’agit aussi d’un vol. Des personnes vivant sur le sol suisse ne paient pas l’intégralité de leur impôt, par soustraction d’impôt ou par l’usage de faux, et du coup les contribuables honnêtes paient pour eux aussi. N’oublions pas que payer ses impôts est un devoir fondamental, car ils assurent un bon enseignement, des infrastructures, une police efficace, etc. A mon avis, et rapidement dit, j’estime que ces données sont aujourd’hui du domaine public, et que s’en priver serait dommage: c’est pourquoi je vote pour que l’Etat s’en saisisse pour analyse et traitement. Malheureusement à une courte majorité cette détermination n’est pas votée.

 

L’après-midi nous avons le plaisir et l’honneur d’assister à Avenches à une réception organisée en l’honneur de Madame Roxanne Meyer Keller, nouvelle Présidente du Grand Conseil vaudois. Nous assistons à des concerts, des beaux discours, notamment celui du Président du Conseil d’Etat, qui, par quelques piques à la fois contre l’UDC et son propre parti, ravit l’assistance. Nous finissons par une démonstration des Milices vaudoises. Je suis vraiment dans le bain vaudois là!  

04/09/2015

Construire une autre politique d'asile

Chaque semaine sur ma page FB depuis le mois d’août et jusqu’aux élections fédérales, je poste une proposition hebdomadaire. Cette semaine j’ai décidé de la publier aussi sur mon blog, afin de l’étayer quelque peu. 

La thématique concerne la politique d’asile de la Suisse, et oui, comment y échapper? Surtout comment en parler sans tomber dans l’émotionnel, avec d’un côté la peur de l’autre, les moutons noirs, les murs de barbelés, et de l’autre la photo de l’enfant mort sur la plage. Aujourd’hui c’est l’émotion qui commande, mais notre rôle est de faire des propositions réalistes et humaines. 

 

Ma proposition cette semaine est de construire une autre politique d’asile. 

A court terme, nous devons remettre à plat les conditions d’accueil des réfugiés dans le contexte exceptionnel dans lequel nous sommes: un exode massif de population fuyant une guerre effroyable en Syrie-Irak. Il s’agit de ne pas accepter que des milliers de personnes meurent en mer, dans des camions, etc. 

Il s’agit aussi d’accepter que les conventions internationales nous obligent à accueillir une personne cherchant un refuge car son pays est en guerre, ou qu’un régime le menace dans son intégrité physique, pour, entre autres, des raisons politiques, d’appartenance ethnique ou encore de religion.

Le Conseil fédéral a accepté l’arrivée de 5’000 réfugiés venant de Syrie. Or, à ce jour, seules quelques dizaines de syriens nous ont rejoint. Il faut accélérer le processus. 

Il faut aussi mettre à la même table lors d’état généraux des politiques, des responsables économiques, des ONG et autres associations, pour évaluer de manière réaliste le nombre de demandeurs que nous pouvons recevoir, et revoir bien entendu ce chiffre de 5’000 personnes à la hausse. Nous sommes loin encore aujourd’hui des chiffres des années 80 avec l’arrivée de réfugiés provenant du Sri Lanka (principalement d’origine tamoule) et des années 80-90 des réfugiés de l’ancienne Yougoslavie. 

Notre pays a la force - économique, politique, de générosité, et humanitaire - d’accueillir plus de réfugiés. Soyons un exemple pour les pays qui nous entourent (de la même manière que Mme Merkel l’est aussi ces dernières semaines).

 

Puis modifions aussi notre politique d’accueil en termes d’intégration. Il faut mettre en place une procédure plus rapide d’acceptation ou non du statut de requérant d’asile.  Changeons aussi les modalités de l’asile: intégrons-les rapidement (même si une décision négative devait arriver plus tard). Quelques exemples:

  • Les requérants d’asile devraient avoir la possibilité de suivre des cours de langue (français, allemand ou italien selon le canton) au plus vite.
  • Les requérants devraient pouvoir travailler et recevoir un salaire. Notre économie, comme celle de l’Allemagne a besoin de cette main d’oeuvre.
  • Il faut permettre ce qu’on appelle le couchsurfing. De nombreux volontaires veuillent accueillir des requérants chez eux dans leur maison. Quelle meilleure politique d’intégration?!

Aussi, à côté, nous devons absolument financer tous les projets de bateaux qui patrouillent en mer Méditerranée pour porter secours aux embarcations, souvent surchargées. 

Voici quelques idées, il y a beaucoup de projets actuellement sur lesquels il faut réfléchir rapidement à travers, je le répète, une grande conférence, des états-généraux à mettre rapidement en place.

02/09/2015

Chronique du Grand Conseil - 1er septembre 2015

2ème mardi au Grand Conseil. Nous finalisons la Loi sur la pédagogie spécialisée, je regrette vraiment d'être arrivé en cours de route, car le sujet est passionnant. Il est dommage aussi que mon groupe n'a pas de représentant au sein de la commission de formation.

Nous continuons sur la problématique des brochures "politiques" distribuées aux élèves ; ici il s'agit d'une interpellation du député Borloz qui s'offusque d'une brochure de l'Union Syndicale Suisse distribuée aux élèves de l'Epsic. 

Un enseignement ne sera jamais neutre, cette neutralité est une fiction. Par contre j'ai tendance à faire confiance aux enseignants à présenter différentes réalités, de droite et de gauche, même si l'enseignant est à priori partisan (dans le sens où il est membre d'un parti).

Aussi à mon niveau d'enseignement, c'est-à-dire au gymnase, les élèves sont suffisamment critiques vis-à-vis des biais politiques des enseignants, et peuvent même en rigoler. 

Nous passons au litering, c'est-à-dire les déchets jetés sur la voie publique. Il est rappelé que ces déchets sauvages coûtent à la Suisse environ 200 millions de francs.  La  nouvelle loi, qui est réellement une avancée, précise qui peut intervenir au niveau de la force publique. Comme le rappelle le PLR Buffat, la loi servira aussi de prévention.  Les employés communaux assermentés pourront  des amendes d'ordre que les contrevenants paieront tout de suite ou dans un délai très court. 

Plus que des amendes réellement dissuasives, j'aurais voulu y inclure aussi des travaux d'intérêt général, par exemple le nettoyage de nos parcs et de nos rues, trop souvent salies par des citoyens irresponsables. 

Nous acceptons aussi de prolonger d'un an le délai pour soumettre au vote populaire l'initiative de l'UDC "Interdisons la mendicité". L'objectif est de laisser un délai au Conseil d'Etat pour présenter un contre-projet à une initiative extrême. 

Une petite anecdote: plusieurs députés me recommandent de ne pas intervenir dans les premières semaines, ni en commission ni en séance plénière, c'est une sorte de coutume. Et voilà que la Présidente du Grand Conseil prononce: "la parole est demandée par le député Manuel Donzé". Grosse frayeur et fausse alerte: la prise de mon laptop appuyait sur le bouton pour demander la parole...