07/12/2016

Un budget 2017 à l'équilibre: un acte politique.

Mon discours au Grand Conseil le 6 décembre 2016 sur le budget 2107 du Canton de Vaud:

Reconnaissons le et saluons-le, des charges réalistes, une maîtrise des charges, dans les clous de 2%, avec une augmentation des charges de 1.9%, prenant en compte les grands projets de la législature, comme l’accueil de jour, la police cantonale, la nouvelle politique agricole, le domaine de l’asile et la formation. Les priorités sont données, que nous approuvons. 

Nous sommes aussi attentifs à la croissance des EPT, dont plus de 70% dans le secteur de la formation (obligatoire, post obligatoire et enseignement spécialisé), qui accompagne la croissance démographique et sera un élément essentiel pour notre futur.

Maintenant, pour les revenus, je dirai que Monsieur Broulis a fait le job, comme on dit, des revenus prudents, avec des marges appréciables, je pense ici aux intérêts sur nos emprunts, et sur d’autres postes, qui nous ont valu des belles discussions en commission des finances. 

Maintenant présenter un budget quasiment à l’équilibre empêche bien entendu le grand conseil de faire son travail d’une certaine manière, et de proposer des projets ayant un impact sur les charges. 

Présenter le décret de l’école de musique, comme responsable d’un déficit possible, est clairement de mauvaise foi. Un budget, c’est le fruit de décisions, de priorités, d’estimations. 

Avec des recettes sous-estimées, ou d’autres fois des dépenses surestimées, c’est aussi ça la réalité du budget. Et l’objectif de mettre un budget sans aucune marge de manoeuvre c’est aussi un geste politique. Nous ne sommes pas dans la technique financière mais dans la politique. 

Alors, qu’est-ce que nous aurons au final: un excédent bien supérieur au bénéfice budgétaire tel que présenté dans le budget 2017, une situation peut-être comparable à celle de 2015 (bénéfice budgété: 26 millions, résultat réel: 194 millions).

Je rassure donc tous ceux qui ont peur d’un déficit. Nous aurons très certainement un excédent fin 2017, et on félicitera le Conseil d’Etat pour son suivi budgétaire strict.

Nous avons entendu à travers les médias, mais aussi lors des interventions des représentants du PLR et de l’UDC, que des tendances se dessinaient pour se désoler de la hausse des dépenses sociales.

Alors oui les charges sociales augmentent, mais elles sont aussi pour une partie le fruit du compromis historique sur lequel repose la législature, notamment le paquet social compris dans la RIE3.

Le Groupe PDC Vaud Libre sera attentif à l’évolution des charges sociales, et est bien entendu soucieux d’une gestion saine et rigoureuse des deniers publics. 

Mais: 

Ce n’est pas en sabrant dans les dépenses sociales que nous réduirons le problème social. Ce n’est pas en diminuant les prestations sociales, que nous allons diminuer les besoins d’une partie de la population. Ce n’est pas en diminuant les prestations sociales que nous allons réduire la pauvreté.

Au contraire, mais là nous sommes à l’évidence devant des choix idéologiques plus profonds que je ne développerai pas ici. La pauvreté se réduira par des choix stratégiques forts, par des investissements, par la formation, par le soutien à nos entreprises, par le développement de nos infrastructures, par une politique ambitieuse, et non par une politique du laisser-faire et ultra-libérale.

L’équilibre fruit du compromis ne doit pas être cassé aujourd’hui. 

10/11/2016

Trump: une évidence!

L’élection de Trump est une surprise mais aussi paradoxalement une évidence. Je vais essayer ici de montrer en quoi cette élection était pour ainsi dire dans l’ordre « naturel » des choses et en quoi elle n’est qu’une conséquence du monde dans lequel elle vit. 

 Un fait : Donald Trump lors de ses discours utilise environ 300 mots. Normalement, dans la vie courante, il faut compter 5 à 10 fois plus de mots pour une personne « normale ». Est-ce dire que le nouveau président des USA est une personne simple d’esprit ? loin de là. Il répond à des problématiques complexes par un langage binaire : oui / non et des phrases très courtes.

Aujourd’hui aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Suisse, nous sommes confrontés à un environnement complexe, qu’on peut considérer, selon notre position sociale, de menaçant ou plein d’opportunités. Il se trouve que plusieurs segments de la population se sentent plutôt menacés, et mis sur la touche dans notre monde globalisé.

Cet environnement complexe conduit bien entendu à des réponses complexes, qui peuvent s’avérer «technocratiques » pour beaucoup de monde.

Alors bien sûr quand un homme politique y répond de manière basique, par une solution simple, il parle de manière directe « au peuple », sans s’embarrasser d’un discours rationnel et « intellectuel ».

L’exemple de Donal Trump est significatif. Les Etats-Unis sont aujourd’hui aussi confrontés à des thématiques complexes, à une certaine crise d’identité. Et Trump y répond par un slogan par exemple, Immigration : mur à la frontière mexicaine, Terrorisme : interdiction pour les étrangers musulmans de voyager dans le pays.

On retrouve ce type de programme chez d’autres « populistes », tels que Marine Le Pen (Immigration : renvoi des étrangers), Sarkozy (relation avec l’islam : interdiction de la burka et du burkini) ou encore Blocher (immigration : initiative contre l’immigration de masse, islam : interdiction des minarets). On les retrouve aussi à gauche (Mélenchon et d’autres).

Il est clair qu’aujourd’hui, compte tenu de l’information telle qu’elle nous parvient, internet, Facebook, il n’existe plus de filtre, d’analyse et de décryptage. La lecture des quotidiens et celle des livres est en chute libre. L’information -et donc le discours- est distillé en 140 caractères (Twitter). Une réponse trop longue, un commentaire dépassant deux lignes n’intéressent plus les gens. Nous sommes dans l’information émotionnelle, et non plus dans une mise à distance des informations par des analystes, chercheurs, journalistes, etc.

Cette nouveau paradigme amène à une remise en cause profonde des hommes politiques aujourd’hui, ceux qui estiment qu’à des problèmes complexes les solutions sont aussi complexes, et bien entendu plus difficiles à expliquer, et donc qui partent perdants lors de débats face à ces « nouveaux populistes ».

Et donc pour revenir à ma problématique initiale, il est évident aujourd’hui que ces populistes comme Trump ont compris comment jouer avec l’information et en conséquence tromper le peuple.

15/09/2016

L'arme financière de nos caisses de pension

Le mardi 6 septembre, un postulat était discuté au Grand Conseil vaudois, concernant la Caisse de pensions du personnel de l’Etat de Vaud et demandant le désinvestissement de celle-ci dans les entreprises actives dans les énergies fossiles. Le soir même, au Conseil communal, la même proposition était débattue, mais cette fois concernant la Caisse de pensions du personnel de la ville de Lausanne.

J’ai eu l’occasion de m’exprimer lors des deux séances, voici en résumé le propos de mes interventions :

Les grandes initiatives, fédérales ou internationales, les conférences internationales sur le climat, c’est bien, c’est parfois utile, mais on n’avance pas forcément, et cela reste de la communication.

Alors que l’argent comme instrument du changement…la sanction financière, les rendements qui baissent, les désinvestissements de caisses de pension et de fonds de pensions, des fonds d’assurances, les actionnaires qui fuient certaines entreprises, cela les dirigeants d’entreprise le comprennent très bien.

Si on veut un changement pour notre planète, on se doit d’utiliser l’arme financière. Alors oui à un désinvestissement dans les énergies fossiles pour qu’on amorce ainsi un véritable changement de philosophie énergétique.

Je m’interroge aussi sur cet instrument dont nous disposons, pour agir de manière plus éthique, dans d’autres domaines que l’énergie, notamment dans le tabac, l’armement, etc. Il s’agit d’étudier ces investissements de nos caisses de pensions sous l’angle de l’intégration de facteurs environnementaux, sociaux, de santé et de gouvernement. Il faudra donc poursuivre cette démarche.