03/01/2016

Transparence du financement des partis et crowdfunding

En décembre je lançais ma campagne de financement pour ma candidature à la Municipalité de Lausanne via une plateforme de financement participatif, qu’on appelle le crowdfunding (https://wemakeit.com/projects/donze-a-la-municipalite). 

Dans le même temps, le PS lausannois s’adressait aux partis lausannois pour dresser un état des différents budgets de campagnes. 

Les deux démarches résultent à mon avis d’une recherche de transparence des financements des partis politiques, face à un manque aujourd’hui de celle-ci.

Reprenons: ma démarche c’est, je l’admets totalement, d’abord une recherche de fonds pour mener une campagne. Quand je vois le budget de certains partis, Verts, PS et PLR, entre 10 et 20 fois plus importants que le budget du PDC à Lausanne, je me dis que certains ne jouent pas dans la même catégorie. Malgré cela, il nous faut un minimum de moyens pour l’affichage par exemple, la création et la production de flyers, etc. 

L’autre aspect intéressant de ce financement participatif, c’est d’offrir des contreparties aux donateurs. Il ne s’agit pas de l’achat d’activités (exemple: j’offre mes services de DJ lors d’une soirée), mais de remercier le donateur (par exemple par un repas). Le journal Vigousse l’a mentionné dans un article, mais bien entendu il ne s’agit pas de payer pour manger avec le candidat, mais celui-ci remercie le donateur. Il y a une logique inversée.

Pourquoi cette question des contreparties est-il crucial? Car lorsqu’un candidat reçoit un don d’une entreprise privée, aucune contre-prestation n’est définie, c’est-à-dire qu’il y a quelque chose qui reste dans le flou: l’entreprise donatrice en attend un retour à un moment donné, et ce retour n’est pas clairement défini. 

Par contre, dans mon système, le donateur reçoit sa contre-prestation (exemple un cours d’économie), et le processus est pour ainsi dire bouclé. C’est aussi une façon d’être transparent sur un budget et sur ce que je vais faire de cet argent.

La proposition du PS Lausannois va dans le bon sens. Ce que je regrette, c’est qu’il n’y ait pas d’organisme neutre aujourd’hui qui centralise et publie les données, et je peux comprendre les réticences de certains partis à devpor passer par la plateforme du PS et pour cette raison uniquement.

Il nous faut donc travailler dans les prochains mois avec les partis intéressés à mettre en place une proposition de loi qui aille dans ce sens: transparence des dons et transparence du budget de campagne.

08:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

10/11/2015

Pourquoi un Centre fort à Lausanne est nécessaire?

Jeudi 5 novembre, le PDC et les Verts’Lib ont annoncé qu’ils unissaient leurs forces en vue des élections communales de février 2016, sous l’appellation Le Centre.

Il s’agit tout d’abord d’une très bonne nouvelle pour les électeurs de ces deux partis, frustrés en 2011, qu’aucun des deux n’atteigne le quorum de 5%, alors qu’ensemble ils auraient atteint 9%, avec une dizaine d’élus. Aujourd’hui, cette liste commune est le gage du retour de ces deux formations au sein du conseil communal, avec un groupe complémentaire, riche d’idées et de propositions.

Aussi une excellente chose pour la politique lausannoise. Souvent nous avons entendu des conseillers communaux regretter notre absence au conseil communal. Très longtemps le PDC a été présent au Conseil communal (voire avec un Municipal), et a servi de passerelle entre la gauche et la droite, dans un esprit où l’intérêt général primait sur les appartenances politiques. 

Mais surtout, Le Centre arrive avec des propositions très fortes, notamment sur la sécurité (par exemple, passer d’une police d’urgence à une police de proximité), sur les commerces et PME (avoir un dicastère s’occupant principalement de développement économique, et non plus de police de commerce), et sur les finances (report de certains travaux, audit financier, etc.).

Le Centre ce n’est pas une dilution des partis PDC et Verts Lib, mais au contraire une synergie qui fait que 1+1 vaut plus que deux. Les deux partis restent avec leurs thématiques propres, qui ne sont en rien contradictoires. 

Au PDC, vous nous avez connu comme le parti de la famille, celui qui a déposé une pétition pour plus de places de crèches, pour des tarifs réellement équitables pour tous les services d’accueil des enfants (aussi pour la classe moyenne), nous le restons. 

Vous nous avez connu à la pointe du combat sur la déréglementation des services de transport, à travers notre pétition dite «Pour Uber à Lausanne». Nous poursuivrons ce combat.

Il y a un mois, nous avons déposé une interpellation au Grand Conseil sur le festival Electrosanne, nous ne baissons pas les bras, nous demandons aussi des subventions pour une culture populaire, pour les jeunes et moins jeunes, faite par les jeunes et moins jeunes, nous exigeons aussi un contrôle plus strict des subventions aujourd’hui octroyées aux différentes institutions culturelles de la ville.

Sur ces différentes propositions, nous entendons mener ce combat avec Jean-Christophe Birchler, des Verts Libéraux, avec votre soutien, comme candidats à la Municipalité de Lausanne au nom du Centre.

27/10/2015

Electrosanne, la mort trop silencieuse d’un festival!

Interpellation au Grand Conseil - déposée le 26 oct 2015

Le 13 octobre 2015, l’Association Fayabash, fondatrice du festival Electrosanne, annonçait dans un communiqué la fin prématurée de ce festival. Electrosanne, festival de musiques électroniques, avait été créé en 2006 et fêtait cette année son dixième anniversaire.

Ce festival fonctionne depuis 2009 sur le modèle suivant: 2 scènes open air, sur la place Centrale et sur la place de l’Europe à Lausanne, et dans des clubs partenaires, tels que le D!, la Ruche, Le Romandie et le Bourg.

Ces deux dernières années, le festival a connu un très grand succès, avec une affluence annuelle d’environ 30’000 personnes sur l’ensemble du festival.

Le rayonnement de ce festival ne s’étend pas uniquement à Lausanne, mais dans tout le canton de Vaud, et en Suisse - par exemple, cette année il a reçu le prix de Best Big Event au Swiss Nightlife Award. Aussi, au niveau international, le festival a eu une très large couverture médiatique.

Le festival fait appel aussi à de nombreux artistes suisses, qui ont la possibilité de s’exprimer dans le cadre d’un festival international, ce qui leur offre une promotion incomparable.

Plus de 250 bénévoles travaillent pour ce festival durant le pic des activités.

Le festival offre aussi des expositions, une médiation culturelle en promouvant la musique électronique auprès d’enfants qui peuvent ainsi assister et participer au processus de création et de diffusion de cette musique, et des ateliers pour les jeunes.

Pour finir, ce festival offre des tarifs très compétitifs, comparativement aux autres festivals, avec un prix d’entrée compris entre CHF 20 et CHF 30 la soirée, ce qui permet aux jeunes d’y accéder.

Le Conseil d’Etat, à travers le service des affaires culturelles, subventionne des domaines culturels variés, théâtre, danse, cinéma, beaux-arts, littérature et la musique.

Les subventions cantonales reposent sur la base de la Loi sur la vie culturelle et la création artistique (LVCA). Le but de cette loi est d’»encourager et de soutenir la vie culturelle et la création artistique dans leur diversité, en tant qu’activités essentielles, signifiantes et prospectives, d’une société démocratiquement organisée et socialement développée et en tant qu’expressions d’un héritage collectif de la communauté» (art 1 al.1 LVCA). La loi «vise aussi à favoriser l’accès et la participation à la culture» (art 1 al.2 LVCA).

Dans le domaine de la musique, un certain nombre de festivals et de salles de concerts sont subventionnés, comme les Docks, le Festival Metropop, le Bourg, le Romandie, le festival Pully for Noise, le Cully Jazz Festival, etc.

Nous notons qu’Electrosanne ne figure pas dans ce listing. Le festival n’a pour ainsi dire jamais reçu de subventions cantonales (une exception de CHF 2’000 une année), ni de soutien logistique.

De la part de la ville de Lausanne, le festival a reçu une subvention en 2015 de CHF 30’000 sur un budget total d’environ CHF 600’000. L’organisation a dû rétrocéder pour environ CHF 10’000 de factures diverses (électricité, terrain, etc.) et de la taxe sur les divertissements pour un montant supérieur à la subvention. Sur le plan communal, le festival est donc plus contributeur que receveur.

De même, nous pouvons aussi relever que la musique électronique ne figure pas dans la liste des projets culturels subventionnés (ou seulement à travers des salles de concerts ou festivals qui en programment «à petite dose».).

Dans le communiqué de presse du festival, il est évoqué, comme argument sur le fait que l’association soit obligée d’arrêter ce festival, le peu de soutien de la part des autorités, en comparaison, et je le cite, aux «subventions colossales» que recevraient d’autres institutions culturelles.

Le Groupe PDC-Vaud Libre est aussi soucieux de la pacification des nuits lausannoises, et nous estimons qu’il est certainement préférable de canaliser une partie de la jeunesse dans le cadre d’un festival, fermé, régulé, comprenant un service d’ordre. Il est à noter aussi que le festival n’a jamais connu de gros problèmes de sécurité, de «faits divers». Ce festival est reconnu comme un exemple en matière de sécurité.

Au vu de ces différents constats, nous posons au Conseil d’Etat les questions suivantes:

Etant donné les buts décrits dans la LVCA, le festival Electrosanne rencontrait à notre avis tous les critères pour recevoir une subvention. Quelles ont été les raisons pour lesquelles ce festival n’a pas reçu de subventions ?

  1. Etant donné l’engouement des jeunes et moins jeunes pour la musique électronique, plus largement, quelle place est donnée à celle-ci dans le cadre des subventions cantonales?
  2. Que pense le Conseil d’Etat sur le rôle de ce festival dans la pacification des nuits lausannoises, et pourquoi n’encourage-t-il pas justement ce type de manifestation?
  3. Dans le cadre de ce type de manifestation culturelle, quelle analyse fait le Conseil d’Etat  de la coordination avec les services culturels des différentes communes? En d’autres termes, il a été relevé dans nos différentes discussions avec des responsables de manifestations culturelles que très souvent celles-ci recevaient une subvention cantonale uniquement si elles en touchaient une communale, afin d’acquérir une certaine légitimité : est-ce effectivement le cas?
  4. Est-ce que le Conseil d’Etat veut aussi favoriser la promotion des musiques actuelles, et plus particulièrement la musique électronique, très appréciée par les jeunes, et à travers quels moyens ?

Manuel Donzé 27 oct 2015