16/09/2015

Les propositions économiques du PDC Vaud

voici mon texte présenté à la conférence de presse du PDC Vaud, tenue le mardi 15 septembre, présentant nos principales propositions économiques (défiscalisation des investissements dans les start-up, fonds souverain, etc.)

 

Constat:

 

Nous sentons une véritable inquiétude de la part des suisses sur l’emploi. Cette inquiétude s’est accentuée depuis l’adoption de l’initiative sur l’immigration de masse, et  aussi avec l’abandon du taux plancher par la BNS. 

Nous sommes à la fois menacés par une pénurie de main d’oeuvre dans certains secteurs, et dans d’autres, le nombre d’entreprises se délocalisant à l’étranger risque d’augmenter.

 

Les chiffres du chômage sont loin d’être mauvais, il est vrai d’après les chiffres du SECO: à 3.2% en août, nous sommes bien en-dessous de la moyenne européenne. Mais certains indices nous disent que des tendances négatives pourraient se dessiner ces prochains mois: 

  • le chômage des jeunes a augmenté de +6.4% par rapport à l’année passée
  • Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits a lui augmenté de 7,1% toujours par rapport au mois d’août 2014.
  • Entre 2010 et 2015, plus de 180’000 chômeurs se sont retrouvés en fin de droit, et donc n’apparaissent plus dans les statistiques du chômage.

Principe:

 

Le PDC est attaché à défendre une place économique suisse forte. 

La réforme de l’imposition des entreprises est un élément important dans le maintien de notre croissance et une très nette amélioration pour les petites et moyennes entreprises. 

Nous sommes aussi attachés à la liberté d’entreprise.

Aujourd’hui pour améliorer notre compétitivité, il est nécessaire aussi de penser aux futures entreprises qui feront la Suisse de demain. 

Beaucoup est fait en Suisse sur les entreprises clean tech, biotech, etc., liées aux domaines que couvre l’EPFL.

Mais nous nous rendons compte que cela n’est pas suffisant, qu’il y a aussi un potentiel pour avoir des nouveaux Nestlé, Adecco, etc. 

Et l’Etat via l’arme fiscale et via des fonds d’investissement peut contribuer à cette éclosion.

Nous avons notamment trois idées très fortes à ce sujet, que j’aimerais exposer ici:

 

Solutions:

 

Les start-up ne seront pas touchées par la RIE 3, car au départ elles ne génèrent généralement pas de bénéfice. Nous avons comparé les conditions existant à l’étranger et nous constatons qu’il y a une inégalité fiscale avec par exemple les start-up de certains pays européens, qu’il s’agit de combler.

Il y a quelques années, lorsque je recherchais des investisseurs pour faire grandir ma jeune entreprise, des français voulaient rentrer dans celle-ci uniquement si je créais une holding en France, et ceci pour des raisons fiscales, plus favorables à ce niveau en France. Etonnant quand même de prime abord quand les conditions pour créer des entreprises sont plus favorables dans un pays comme la France! 

 

C’est pourquoi nous avons une proposition très importante pour rester compétitif à ce niveau: il s’agit de défiscaliser les investissements à hauteur de 50’000.- dans des jeunes entreprises (moins de 5 ans). Généralement, les premiers investissements dans une entreprise, un commerce, ou autre, en création proviennent des créateurs ou des friends & family. Il s’agit ici de permettre à ces entrepreneurs d’avoir un gain fiscal sur ces premiers investissements qui seraient déductibles des impôts. 

Cette mesure entraînera, nous le pensons, un grand boom d’investissements dans de jeunes entreprises, qui sont la garantie pour notre croissance future.

 

Une autre mesure que nous demandons est la création de fonds d’investissement, à deux étages:

 

Au niveau fédéral, 

la création d’un fonds souverain est une solution très intéressante, idée déjà lancée il y a quelques temps par notre président Darbellay. Ce fonds souverain, au contraire de certains, devrait servir d’abord à l’économie suisse, directement à travers des prises de participation dans des entreprises prometteuses, et indirectement dans des entreprises étrangères à forte valeur ajoutée, à la manière du fond souverain norvégien. 

Une partie des réserves de la BNS constituerait la principale source de financement de ce fonds souverain.

Aujourd’hui il faut relever que les obligations liés à des pays comme la France ou l’Espagne ne sont pas plus sûres que les actions de grandes entreprises comme Nestlé. Et le rendement de celles-ci sont bien meilleures que ces obligations d’Etat.

Nous estimons que les conditions aujourd’hui sont réunies. Et nous voulons relancer ce débat lors de ces élections. 

Je cite Stéphane Garelli, professeur à l’IMD:

«il n'est pas possible de continuer à avoir plus de 530 milliards de francs d'argent parqué à quelque part et qui ne fait rien".»

 

Au niveau cantonal, 

Aujourd’hui nous le savons, le système bancaire aujourd’hui n’investit plus assez dans l’économie réelle et l’Etat doit s’engager plus en compensant les faiblesses des structures actuelles. Le Canton, en tant qu'actionnaire de référence de la BCV doit demander à celle-ci la création d'un fonds d'investissement dans les jeunes entreprises, et doit exiger des conditions plus souples en termes de crédit bancaire pour les PME du Canton.Cette structure interne fonctionnera avec un personnel qualifié sur ces questions de start-up et la banque mettra à disposition un fonds qu’elle utilisera pour prêter de manière intelligente à des start-up qui en ont besoin! Il en va de notre croissance! La BCV doit financer l’innovation dans notre canton, à travers des prêts à court, moyen et long terme, mais aussi en investissant en fonds propres, pour accompagner ces jeunes entreprises tout au long de leur développement, et non pas seulement quand elles se nommeront Nestlé ou Kudelski. 

11/09/2015

Chronique du Grand Conseil - 8 septembre 2015

3ème semaine au Grand Conseil. 

Cette semaine cela fera trois semaines que je suis député. Mais surtout j’ai participé à ma première commission, qui traite d’un postulat de Nicolas Rochat et d’une initiative de Julien Eggenberger, sur les fermetures de bureaux de poste. Etant donné ce qui se passe dans les commissions relève de la confidentialité, je ne peux pas révéler les débats qui ont eu lieu. Par contre, je me rends compte de la réalité à laquelle font face de nombreuses communes, avec la fermeture des bureaux de poste, de cette perte de proximité irremplaçable pour de nombreux citoyens. 

Il s’agit, à mon avis, de se battre pour un service public à vocation universelle, et de donner un réel pouvoir aux communes et au Canton dans les décisions prises par la Poste dans sa réorganisation et dans sa recherche de rentabilité à tout prix. 

Vous me verrez défenseur de l’économie lorsqu’on recherche à diminuer la concurrence, au détriment du consommateur. Par contre, lorsque nous avons un service public avec une mission essentielle, il s’agit de préserver celle-ci à travers des bureaux de poste couvrant notre territoire. La Poste est un service public, c’est donc aux politiques de décider des objectifs de celle-ci.

 

Nous passons en séance plénière et divers points sont abordés; une interpellation de Valérie Induni retient particulièrement mon attention, elle concerne les révélations de Swissleaks, et son utilisation par le Canton dans le cadre de la recherche de fraude fiscale par des suisses qui auraient eu un compte auprès de la HSBC. Les débats sont vifs, des belles passes d’arme entre, notamment, les socialistes et le PLR et l’UDC unis sur ce thème. Nous nous trouvons devant un dilemme: utiliser des données provenant d’un vol à la base, mais de l’autre côté un certain nombre de contribuables ont fraudé le fisc, et clairement il s’agit aussi d’un vol. Des personnes vivant sur le sol suisse ne paient pas l’intégralité de leur impôt, par soustraction d’impôt ou par l’usage de faux, et du coup les contribuables honnêtes paient pour eux aussi. N’oublions pas que payer ses impôts est un devoir fondamental, car ils assurent un bon enseignement, des infrastructures, une police efficace, etc. A mon avis, et rapidement dit, j’estime que ces données sont aujourd’hui du domaine public, et que s’en priver serait dommage: c’est pourquoi je vote pour que l’Etat s’en saisisse pour analyse et traitement. Malheureusement à une courte majorité cette détermination n’est pas votée.

 

L’après-midi nous avons le plaisir et l’honneur d’assister à Avenches à une réception organisée en l’honneur de Madame Roxanne Meyer Keller, nouvelle Présidente du Grand Conseil vaudois. Nous assistons à des concerts, des beaux discours, notamment celui du Président du Conseil d’Etat, qui, par quelques piques à la fois contre l’UDC et son propre parti, ravit l’assistance. Nous finissons par une démonstration des Milices vaudoises. Je suis vraiment dans le bain vaudois là!  

04/09/2015

Construire une autre politique d'asile

Chaque semaine sur ma page FB depuis le mois d’août et jusqu’aux élections fédérales, je poste une proposition hebdomadaire. Cette semaine j’ai décidé de la publier aussi sur mon blog, afin de l’étayer quelque peu. 

La thématique concerne la politique d’asile de la Suisse, et oui, comment y échapper? Surtout comment en parler sans tomber dans l’émotionnel, avec d’un côté la peur de l’autre, les moutons noirs, les murs de barbelés, et de l’autre la photo de l’enfant mort sur la plage. Aujourd’hui c’est l’émotion qui commande, mais notre rôle est de faire des propositions réalistes et humaines. 

 

Ma proposition cette semaine est de construire une autre politique d’asile. 

A court terme, nous devons remettre à plat les conditions d’accueil des réfugiés dans le contexte exceptionnel dans lequel nous sommes: un exode massif de population fuyant une guerre effroyable en Syrie-Irak. Il s’agit de ne pas accepter que des milliers de personnes meurent en mer, dans des camions, etc. 

Il s’agit aussi d’accepter que les conventions internationales nous obligent à accueillir une personne cherchant un refuge car son pays est en guerre, ou qu’un régime le menace dans son intégrité physique, pour, entre autres, des raisons politiques, d’appartenance ethnique ou encore de religion.

Le Conseil fédéral a accepté l’arrivée de 5’000 réfugiés venant de Syrie. Or, à ce jour, seules quelques dizaines de syriens nous ont rejoint. Il faut accélérer le processus. 

Il faut aussi mettre à la même table lors d’état généraux des politiques, des responsables économiques, des ONG et autres associations, pour évaluer de manière réaliste le nombre de demandeurs que nous pouvons recevoir, et revoir bien entendu ce chiffre de 5’000 personnes à la hausse. Nous sommes loin encore aujourd’hui des chiffres des années 80 avec l’arrivée de réfugiés provenant du Sri Lanka (principalement d’origine tamoule) et des années 80-90 des réfugiés de l’ancienne Yougoslavie. 

Notre pays a la force - économique, politique, de générosité, et humanitaire - d’accueillir plus de réfugiés. Soyons un exemple pour les pays qui nous entourent (de la même manière que Mme Merkel l’est aussi ces dernières semaines).

 

Puis modifions aussi notre politique d’accueil en termes d’intégration. Il faut mettre en place une procédure plus rapide d’acceptation ou non du statut de requérant d’asile.  Changeons aussi les modalités de l’asile: intégrons-les rapidement (même si une décision négative devait arriver plus tard). Quelques exemples:

  • Les requérants d’asile devraient avoir la possibilité de suivre des cours de langue (français, allemand ou italien selon le canton) au plus vite.
  • Les requérants devraient pouvoir travailler et recevoir un salaire. Notre économie, comme celle de l’Allemagne a besoin de cette main d’oeuvre.
  • Il faut permettre ce qu’on appelle le couchsurfing. De nombreux volontaires veuillent accueillir des requérants chez eux dans leur maison. Quelle meilleure politique d’intégration?!

Aussi, à côté, nous devons absolument financer tous les projets de bateaux qui patrouillent en mer Méditerranée pour porter secours aux embarcations, souvent surchargées. 

Voici quelques idées, il y a beaucoup de projets actuellement sur lesquels il faut réfléchir rapidement à travers, je le répète, une grande conférence, des états-généraux à mettre rapidement en place.